Des opposantes et opposants à l'ouverture d'un second «quartier général» d'Amazon à New York. Ils ont fini par faire plier la firme. | Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Des opposantes et opposants à l'ouverture d'un second «quartier général» d'Amazon à New York. Ils ont fini par faire plier la firme. | Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

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C'est, en dollars, la somme qu'Amazon a payé au titre des impôts fédéraux en 2018. Et ce, malgré des profits colossaux.

Un montant de 11,2 milliards de dollars, soit près de 9,9 milliards d'euros: c'est le profit, net et nettement confortable, qu'a atteint Amazon en 2018. C'est près de deux fois plus que l'année précédente (5,6 milliards de dollars, déjà une jolie somme). Et c'est un montant sur lequel le géant du e-commerce américain devra s'aquitter, au titre de l'impôt fédéral, de la somme plutôt insignifiante de... zéro dollar.

Les opposantes et opposants à la toute-puissance de la firme, notamment ceux qui ont obtenu qu'elle n'ouvre pas son deuxième quartier général à New York au risque de profondément déstabiliser l'économie de la ville, peuvent légitimement hurler au scandale.

Comme l'a par exemple fait le toujours très écouté sénateur du Vermont Bernie Sanders. Le candidat à la candidature démocrate en 2016, qui vient d'annoncer être à nouveau candidat en 2020 –et qui ne cesse de lutter contre les méthodes employées par les corporations géantes pour échapper à l'impôt– a ainsi tweeté: «Si vous avez payé 119$ pour devenir un membre d'Amazon Prime, vous avez payé plus qu'Amazon n'a payé en taxes.» Et bing.

Trump, responsable numéro 1

Donald Trump, qui s'en est pourtant pris publiquement à la probité citoyenne de la firme de Seattle, est le premier responsable de cette esquive fiscale massive –qui n'a rien d'illégale, comme l'ont bien entendu précisé des représentants d'Amazon. Dans un document à charge, l'Institute On Taxation And Economic Policy (ITEP) a ainsi calculé que, loin de s'acquitter du taux général de 21%, l'entreprise de Jeff Bezos avait bénéficié d'un taux négatif de 1,2%.

En baissant ce taux d'impôts sur les bénéfices de 35% à 21% en 2017, Trump et ses alliés ont donc échoué à rendre les firmes plus citoyennes et responsables. En n'élargissant pas l'assiette de taxation et en évitant de s'attaquer aux habituels trous législatifs dans lesquels les entreprises peuvent s'engouffrer en toute légalité pour faire baisser leur facture, le résultat a même été tout à fait contraire aux objectifs initialement affichés.

La question de la taxation des géants du net n'est pas une problématique 100% américaine. L'Europe s'écharpe depuis quelques mois sur l'idée d'une éventuelle «Taxe GAFAM», la France ayant décidé de prendre les devants en déclarant l'instauration d'un impôt spécifique sur ces multimilliardaires du numérique. Reste à voir de quelle manière elle sera appliquée –ou quelles parades légales Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft trouveront pour essayer d'y échapper.

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