Tout n'est pas rose au pays du streaming. | Juja Han via Unsplash
Tout n'est pas rose au pays du streaming. | Juja Han via Unsplash

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C'est, en dollars et aux États-Unis, ce que rapporte à un ou une artiste le stream sur YouTube de l'un de ses morceaux.

Sinistrée par le virage numérique, l’industrie de la musique commence de nouveau à respirer. À respirer à pleins poumons, notamment grâce à la progression des plateformes de streaming, qui semble ne pas vouloir s’essouffler.

Un récent rapport du cabinet spécialisé Nielsen Music montre ainsi que 611 milliards de morceaux ont été écoutés en 2018 via Spotify, Deezer, Apple Music, Tidal, YouTube ou leurs concurrents, soit une progression de 49% par rapport à l’année précédente. Selon la Recording Industry Association of America, le streaming représentait, aux États-Unis à la moitié de l'année 2018, près de 75% des revenus de l’industrie de la musique enregistrée.

Et les artistes dans tout ça?

Il est dès lors intéressant de se pencher sur ce que ces gros chiffres rapportent à celles et ceux qui en sont à la base: les musiciennes et les musiciens. Si les chiffres varient d’une source à l’autre et d’un mode de calcul à l’autre, ceux avancés par The Trichordist, qui se présente comme une plateforme de défense des droits des artistes à l’ère numérique, sont assez riches d'enseignements.

Les chiffres publiés pour 2018 sont basés sur les données fournies par un label américain de taille moyenne, comptant au catalogue plus de 250 albums et générant plus d’un milliard de streams par an. Ils n’ont donc pas vocation à être universels, à refléter les réalités au niveau mondial ou localisées, mais ils donnent quelques indications plutôt fiables sur ce que les artistes peuvent attendre de telle ou telle plateforme.

Sans surprise, à peu près pas grand-chose de la part de YouTube Content ID, qui reste la très mauvaise élève en la matière. Selon The Trichordist, la plateforme de Google verse ainsi aux États-Unis 0,00028 dollar (0,00024 euro) par stream aux artistes –non, il n’y a pas d’erreur dans le nombre de 0, nous les avons soigneusement comptés. Toujours dans ce périmètre particulier, mais la situation n’est guère très différente ailleurs dans le monde, YouTube représente près de 49% des streams en volume mais seulement 7% en revenus, quand Apple et Spotify réunis représentent environ 74% des revenus pour 39% des streams. C’est précisément ce que l’industrie et les autorités publiques nomment le «value gap», et c’est ce contre quoi elles essaient de fourbir leurs armes.

Le site spécialisé Digital Music News a également fourni ses propres calculs pour 2018. Selon lui, Napster est le meilleur payeur (0,019 dollar soit 0,016 euro par stream), TIDAL arrive en second (0,0125 dollar ou 0,0109 euro), Spotify est loin derrière (0,00437 dollar ou 0,00382 euro) et YouTube est, là-encore, bon dernier (0,00069 dollar ou 0,0006 euro). Digital Music News calcule ainsi qu’un ou une artiste voulant gagner l’équivalent du salaire minimum mensuel américain doit accumuler plus de deux millions de streams. Une paille.

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