Un sourire à 92.000 euros (ni plus, ni moins) | Lesly Juarez via Unsplash
Un sourire à 92.000 euros (ni plus, ni moins) | Lesly Juarez via Unsplash

105.000

C'est, en dollars, le revenu annuel idéal pour se sentir heureux aux États-Unis. Pas moins et, plus surprenant, pas plus.

«L'argent ne fait pas le bonheur», dit l'adage. Il ment: l'argent fait le bonheur, et nos fins de mois acrobatiques peuvent sans doute en témoigner. Des psychologues américains ont même pu déterminer avec une étonnante précision la somme, en dollars, que devait gagner annuellement un Américain ou une Américaine pour se considérer comme heureuse. Publiée dans la revue Nature, leur étude a ainsi déterminé qu'une personne vivant aux États-Unis se déclarait heureuse si elle gagnait annuellement 105.000 dollars (environ 92.000 euros).

Si elle gagne moins? Elle sera moins heureuse, ce qui somme toute semble plutôt logique. Mais si elle amasse de plus amples émoluments? Son bonheur ne s'en verra pas boosté pour autant. Andrew T. Jebb, Louis Tay et Shigehiro Oishi, les trois chercheurs impliqués dans l'étude, ont ainsi déterminé que la somme de 105.000 dollars constituait un «seuil de satiété», au-delà duquel les bénéfices de salaires plus élevés en matière de joie, de sourire et de plénitude étaient négligeables.

À lire aussi76%
C'est la part de Français et de Françaises interrogées par YouGov qui se disent épanouies dans leur travail. Et vous?

Une enquête menée dans le monde entier

Jebb, Tay et Oishi se sont basés sur des statistiques fournies par le Gallup World Poll, enquête menée dans le monde entier auprès de plus d'un million d'individus, qui ont dû noter leur vie sur une échelle de 0 (la plus misérable des existences) à 10 (le bonheur absolu) tout en déclarant leurs revenus et leur situation familiale.

Il existe des disparités, assez logiques également, selon les régions du monde dans laquelle les personnes sondées résident. En Australie ou en Nouvelle-Zélande, le «seuil de satiété» est de 125.000 dollars, alors qu'il est de 35.000 dollars seulement en Amérique Latine ou dans les Caraïbes.

Avec 100.000 dollars, l'Europe de l'Ouest est proche de la moyenne mondiale (95.000 dollars): si vous vivez sous nos latitudes et gagnez plus de 88.000 euros par an, inutile de demander une augmentation à votre patron ou à votre patronne, qui saurait sans doute désormais comment vous la refuser sur une base scientifique.

Le site Quartz note que cette étude n'est pas la première du genre: avec des sources plus limitées et moins précises, le duo de Nobel Angus Deaton et Daniel Kahneman avaient déterminé en 2010 que ce fameux seuil de satiété économique était alors aux États-Unis de 84.000 dollars, à taux constant.

Un économiste de l'Université de l'Indiana, Dan Sack, exprime en revanche au même site ses doutes quant à la méthodologie utilisée par les trois chercheurs de l'Université de Virginie. Selon lui, l'accès aux données du sondage mondial effectué par Gallup est une force, mais les chiffres qu'elle fournit peuvent être biaisés. Notamment parce que les personnes interrogées ont tendance à mésestimer leurs revenus, également parce que Sack subodore que les plus riches pourraient sous-estimer volontairement leur «indice de bonheur», enfin parce que les réponses données peuvent grandement varier selon le jour où les questions sont posées.

En ce moment

Comment faire disparaître 30 milliards de dollars en huit mois? Faites comme WeWork

Biz

Comment faire disparaître 30 milliards de dollars en huit mois? Faites comme WeWork

Face à la dégradation de sa valorisation, la start-up spécialisée dans le coworking a dû repousser son introduction en Bourse.

Les protest-hackers à Hong Kong, un joypad inclusif, des données sensibles en libre accès, aujourd'hui sur korii.

Et Cætera

Les protest-hackers à Hong Kong, un joypad inclusif, des données sensibles en libre accès, aujourd'hui sur korii.

(Et plein d'autres choses aussii.)

Les données médicales de 5 millions de personnes en libre accès sur internet

Et Cætera

Les données médicales de 5 millions de personnes en libre accès sur internet

Une simple recherche en ligne suffit pour consulter les données de santé de millions de patient·es américain·es et d'autres nationalités.