«Savourez la boisson chaude et légèrement salée de votre choix dans ce mug fabriqué par des salariés syndiqués, tout en contemplant tout le bien qu'une taxe sur la fortune pourrait apporter.» | Site officiel d'Elizabeth Warren
«Savourez la boisson chaude et légèrement salée de votre choix dans ce mug fabriqué par des salariés syndiqués, tout en contemplant tout le bien qu'une taxe sur la fortune pourrait apporter.» | Site officiel d'Elizabeth Warren

Elizabeth Warren veut faire «pleurer» les ultra-riches

Et elle s'en amuse: le mug à l'effigie de leurs larmes vendu pour 25 dollars pièce sur son site s'arrache.

Quel goût ont les larmes d'un milliardaire? Mis à part leur salinité naturelle, impossible de le déterminer avec certitude. Candidate démocrate à la candidature en vue des élections américaines de 2020, Elizabeth Warren offre déjà un récipient pour les recueillir, dans le cas où elle atteindrait le poste suprême et réussirait à imposer son important tour de vis fiscal.

Vendu 25 dollars (23 euros environ) sur le site officiel de l'Américaine, le Billionnaire Tears Mug est, semble-t-il, l'un des objets les plus populaires sur la plateforme. Un signe peut-être qu'une partie grandissante de la population américaine ne se satisfait plus de l'abysse grandissante des inégalités dans le pays.

Facture salée

Car pour financer ses promesses électorales, notamment son ambitieux «Medicare for all», Warren a fait une promesse: les classes moyennes ne paieront pas plus d'impôts, mais les millionnaires et les milliardaires, en revanche, devront mettre la main à la poche.

Influencé par les travaux de deux économistes Français, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, il est notamment question d'un ISF à l'américaine. Celui-ci imposerait les fortunes de plus de 50 millions de dollars à hauteur de 2% chaque année, un taux porté à 6% pour qui est assis sur un magot dépassant le milliard de dollars.

Parmi de nombreux autres leviers financiers à activer, le taux d'imposition sur les revenus les plus élevés serait revu à la hausse (39,6% contre 37%) et une nouvelle taxe de 14,8%, créée pour financer la sécurité sociale qu'elle appelle de ses vœux, serait imposée sur les salaires ou revenus financiers supérieurs à 250.000 dollars.

La taxation imaginée par Warren ne toucherait pas que les gains éventuels réalisés lors d'une vente d'actifs, mais s'appliquerait aux richesses réellement possédées –un moyen, justement, de limiter une trop grande concentration des fortunes.

Avant d'éventuelles larmes, Wall Street comme les plus grosses richesses commencent donc à s'inquiéter. Le Wall Street Journal, pas vraiment de gauche, calcule ainsi que le plan fiscal de Warren pourrait déboucher, dans certains cas, sur des taxes totales supérieures à 100%.

Bien que leur méthodologie soit contestée, des économistes préviennent déjà que, si elles étaient appliquées, les idées de Warren impliqueraient un ralentissement significatif de l'économie américaine.

Quant aux financiers honnis par la candidate, ils le lui rendent bien et voient désormais en elle un sérieux motif d'inquiétude, sinon une véritable ennemie. Investisseur milliardaire, Paul Tudor Jones va jusqu'à prophétiser une chute de 25% des marchés boursiers en cas d'élection de la sénatrice du Massachussetts.

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