La Renault R.S. 19, pilotée par Daniel Ricciardo lors des essais de pré-saison à Barcelone. | Josep LAGO / AFP
La Renault R.S. 19, pilotée par Daniel Ricciardo lors des essais de pré-saison à Barcelone. | Josep LAGO / AFP

30 millions

C'est, en euros, la somme que gagnera chaque année l'Australien Daniel Ricciardo, recrue de luxe pour l'écurie de Formule 1 de Renault.

Le jeune homme, considéré comme un top driver et un potentiel champion du Monde, a quitté cet hiver Red Bull Racing pour rejoindre Renault F1. Un pari risqué pour l'Australien, car l'écurie l'a vu éclore et lui a offert l'automobile capable de remporter sept victoires pour rejoindre une équipe en pleine reconstruction depuis la reprise en main par Renault en 2016.

Mais un pari (très) payant: on a appris cette semaine que l'écurie franco-anglaise s'offrait le très souriant, drôle et populaire pilote pour la bagatelle de 30 millions d'euros. Il entre grâce à ce mirobolant contrat dans le top 3 des pilotes les mieux rétribués du plateau, derrière Lewis Hamilton (47 millions d'euros) et Sebastian Vettel (35,5 millions d'euros), et dépasse largement son très jeune ex-coéquipier et star en devenir Max Verstappen, qui n'a négocié «que» 11,6 petits millions d'euros avec Red Bull.

L'image n'a pas de prix

Les sommes semblent folles à moins de les comparer aux budgets des écuries: Forbes a estimé à 1,7 milliards d'euros leurs dépenses totales en 2016 et ces coûts, qui pourraient être bientôt contrôlés, ont depuis encore augmenté. Les budgets 2018 des deux écuries les plus dispendieuses, Mercedes et Ferrari (groupe Fiat), sont respectivement de 352 millions et de 361 millions d'euros, sans compter les dépenses liées au moteur, qu'elles fournissent également à d'autres équipes.

Plus modeste mais pas pour autant anecdotique, le budget de Renault F1 (également hors-moteur) est estimé à 167 millions d'euros –la double entité, partagée entre Enstone en Grande-Bretagne et Viry-Chatillon en France, emploie plus de 1.000 personnes au total. Cet investissement, décidé par Carlos Ghosn, n'est semble-t-il pas menacé par ses déboires judiciaires. La somme, significative, montre l'importance symbolique et commerciale que la Formule 1, malgré une audience plutôt baissière, conserve chez les grands groupes automobiles.

Le transfert coûteux du très apprécié Ricciardo doit aider à gagner le pari sportif –donc publicitaire– de Renault, quatrième au championnat constructeur en 2018, dont l'objectif est désormais d'aller chatouiller ses devancières. À commencer par Red Bull, qu'elle a motorisé jusqu'à l'année dernière avec un succès très relatif mais qui a cette année choisi de s'associer au géant japonais Honda, également en pleine reconstruction.

Un combat de titans et une guerre d'image: pour une marque comme Renault, comme pour le vendeur de boissons énergétiques et toutes les entreprises impliquées dans le grand cirque de la F1, cette mythologie n'a pas de prix.

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