Les banques allemandes tentent de se restructurer, sur fond de crise. | Daniel Roland / AFP
Les banques allemandes tentent de se restructurer, sur fond de crise. | Daniel Roland / AFP

30.000

C'est le nombre d'emplois que pourrait coûter la fusion entre la Deutsche Bank et la Commerzbank, à laquelle le gouvernement allemand a donné son feu vert.

Une personne sur cinq, soit un total de 30.000 emplois: c'est ce que coûterait, socialement, la fusion que pourraient effectuer la Deutsche Bank et la Commerzbank.

Fusion bancaire ou fusion bancale?

Si les détails de la chose restent à confirmer, sa survenance semble désormais presque acquise: le ministre des Finances du gouvernement allemand, Olaf Scholz, a annoncé qu'il ne s'opposerait pas à cette casse sociale, ce qui ouvre ainsi la voie à l'alliance entre les deux plus grosses banques allemandes cotées en bourse.

En plus d'un dégraissage qui pourrait, pour les troupes de Merkel, se transformer en champ de mines politique, certains commentateurs voient en cette fusion une erreur stratégique et une bombe à retardement. Elle semble pourtant inéluctable pour deux institutions très fragilisées: malgré un logique rebond depuis l'annonce des négociations, le cours de la Deutsche Bank, décrite par le Monde comme «délabrée», tournait autour de 40 euros en 2010 mais est désormais inconfortablement installé sous la barre des 10 euros.

Le risque allemand

Ce renforcement du secteur banquaire de la locomotive de l'Europe et quatrième puissance économique mondiale intervient dans un contexte morose pour l'Allemagne. Après avoir frôlé la récession technique en affichant une croissance du PIB négative de 0,2% au troisième trimestre 2018 puis un chiffre de 0% au trimestre suivant, le pays dirigé par Angela Merkel se dirige vers une année 2019 tout aussi morne, tirée vers le bas par un secteur manufacturier en souffrance et par le ralentissement global.

L'alerte est telle que le site américain Axios n'hésite pas à parler du «pays le plus économiquement dangereux de l'Union européenne». «L'économie allemande est vraiment exposée à tout changement du marché international», a expliqué George Friedman de Geopolitical Futures à Axios. «La plus grosse puissance en Europe n'est pas en contrôle de sa propre économie. En ce sens, c'est le pays le plus dangereux de l'Union, car il est le plus influent, et qu'il est incroyablement vulnérable.»

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