Les aéroports du monde entier accueillent des Boeing 737 MAX, mais certains de ces aéronefs flambant neufs n'ont plus le droit d'en décoller. | TEH ENG KOON / AFP FILES / AFP
Les aéroports du monde entier accueillent des Boeing 737 MAX, mais certains de ces aéronefs flambant neufs n'ont plus le droit d'en décoller. | TEH ENG KOON / AFP FILES / AFP

7.690

C'est le nombre d'avions dont la Chine aura besoin en 2037, estime Boeing. Le crash de deux de ses 737 MAX met pourtant la compagnie en très fâcheuse posture sur ce marché billionnaire –donc dans le monde.

La Chine est un marché crucial pour tous les acteurs du marché aéronautique. L'Américain Boeing estime ainsi que la superpuissance asiatique deviendra le premier marché à atteindre le billion de dollars –un million de millions de dollars, une somme tellement colossale qu'une conversion en euros semble inutile.

Deux crash en six mois

Selon l'avioneur de Seattle, la Chine pourrait ainsi avoir besoin d'une flotte de 7.690 avions de ligne en 2037 pour assouvir ses besoins grandissants en transport aérien. Mais Boeing a un sérieux problème: le 737 MAX, quatrième génération du bestseller 737 et colonne vertébrale de sa politique commerciale, a été interdit de vol dans de nombreux pays d'Asie, y compris la Chine, puis dans une grande partie du reste du monde (Australie, Inde, Turquie).

Si certains de ses États membres avaient pris les devants, dont la France, la décision attendue de l'Europe est tombée comme un couperet: l'Agence européenne de sécurité aérienne a elle aussi décidé d'interdir à l'engin de Boeing de pénétrer dans son espace aérien. Seuls les États-Unis, pour l'instant du moins, n'interdisent pas au 737 MAX de prendre l'air –une décision prise pour cause de sûreté, mais aussi une question politique pour l'administration Trump.

Sans que leurs autorités de tutelle n'en fassent la demande, certaines compagnies (Royal Air Maroc, Comair, Aeromexico, Gol ou Cayman Aiways) ont également décidé de clouer leurs appareils flambant neufs au sol, en attendant d'y voir plus clair.

Ces décisions ont été annoncées le 11 mars après le crash d'un 737 MAX8 d'Ethiopian Airlines survenu dans la foulée de son décollage d'Addis-Abeba, et qui a tué les 157 âmes à bord. Ce drame fait lui-même suite à un autre accident, datant d'octobre 2018, concernant le même avion, en Indonésie cette fois, causant la mort de 189 personnes. Si rien ne prouve encore le lien entre les deux catastrophes –les enquêtes sont toujours en cours–, leur proximité temporelle laisser peser de lourds soupçons sur un aéronef lancé en 2017 et dont plus de 350 exemplaires sillonnent déjà les cieux du globe.

La crise pour Boeing pourrait donc être mondiale: le futur de la firme dépend entièrement du succès de ce 737 MAX, pour lequel la Federal Aviation Administration (FAA), l'instance fédérale américaine, a tout de même exigé des modifications techniques –pas forcément la meilleure des publicités. Au total, Boeing dispose de 4.700 commandes de 737, presque tous de la quatrième génération des MAX qui représentent désormais 80% de son activité.

Concurrence féroce

La Chine constitue bien entendu une grosse part des ventes pour le constructeur. Airbus y oppose une concurrente féroce et la paire sera bientôt rejointe par la Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC) dont le C919, concurrent direct du 737, a effectué son vol inaugural en 2017 et accumule les commandes malgré de nombreuses difficultés.

Une douzaine de compagnies chinoises ont passé commande à Boeing de 180 de ses moyens-porteurs nouvelle génération, dont 76 ont déjà été livrés. Si le 737 MAX devait être mis en cause à la fois dans le crash de Lion Air en Indonésie et dans celui d'Ethiopian Airlines, l'avenir de Boeing sur ce marché chinois d'un million de millions de dollars pourrait sérieusement s'assombrir. Et, de là, l'avenir de Boeing sur un marché mondial qui pourrait bouder l'aéronef aux œufs d'or –emportant sur son passage l'avenir de la compagnie elle-même, avec les 150.000 personnes qu'elle emploie aux États-Unis.

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