Selon une étude très complète menée par l'Observatoire Cetelem, consommer local réjouit 89% des personnes vivant dans l'Union européenne. Le chiffre, en soi, n'est pas forcément une grande surprise: il souligne la tendance des consommateurs et consommatrices du continent à vouloir acheter en circuits plus courts, notamment pour préserver l'environnement, soutenir l'économie et l'emploi ou compter sur une meilleure qualité.
Région vs pays
Sauf que, comme l'a intelligemment souligné et redéfini l'étude, «consommer local» ne signifie pas la même chose partout. À quoi correspond ce terme plutôt flou? En moyenne dans l'Union européenne, 64% des personnes interrogées répondent qu'un produit local est un produit fabriqué dans leur région, 31% qu'il provient de leur pays, et 5% seulement qu'il est issu de l'un ou l'autre des pays de l'UE.
Entre les pays, les disparités sont grandes –et importantes à comprendre pour quiconque voudrait tenter de conquérir commercialement l'Union européenne. En Europe centrale et en Europe de l'Est (Bulgarie, Pologne, Roumanie, Hongrie...), c'est le pays qui prime clairement (72% des Bulgares considèrent par exemple qu'un produit «local» est un produit national). Plus à l'ouest ou au nord, c'est en revanche la région qui prime: 85% des Allemands, 81% des Espagnols ou 75% des Français considèrent le «local» comme étant issu de leur région environnante.
Les motifs sont donc variables d'un pays à l'autre: consommer «local» est surtout considéré comme un «acte patriotique» par 34% des Roumains, 35% des Polonais et 32% des Hongrois, quand il est prioritairement vu comme un «acte en faveur de l'environnement» pour 44% des Français, 55% des Allemands, 61% des Suédois et 47% des Italiens.
Quant au prix, 58% des Européennes et des Européens pourraient payer entre 5 et 10% plus cher pour un produit «local», seuls 10% se sentant prêts à débourser plus de 10% supplémentaires pour une telle consommation.