Un Bitcoin permet aujourd'hui d'acheter environ 320 grammes d'or. | Aleksi Räisä via Unsplash
Un Bitcoin permet aujourd'hui d'acheter environ 320 grammes d'or. | Aleksi Räisä via Unsplash

Acheter de l'or ou des Bitcoins? Le débat qui anime Wall Street

Pour certain·es analystes, l'or appartient à la génération du passé.

Le Bitcoin n'en finit plus de battre des records. À 16.000 euros, le 3 décembre, il frôle désormais son plus haut niveau historique de 16.795 euros, atteint le 17 décembre 2017, selon l'indice de prix de Coindesk.

Présenté comme une autre valeur refuge face à la crise et à l'inflation, l'or est en chute libre depuis quelques jours. Depuis son pic début août, le métal jaune a perdu près de 15% pour évoluer autour des 1.800 dollars ces derniers jours. En novembre, il a dégringolé de 5,4%, enregistrant son pire mois depuis novembre 2016.

Coïncidence? Sans doute en grande partie, car la chute de l'or s'explique surtout par des mouvements de marché, liés notamment à des sorties massives d'ETF-or (fonds indiciels).

Il n'empêche qu'un Bitcoin permet aujourd'hui de s'acheter environ 320 grammes d'or et que le débat s'intensifie pour savoir si la plus grande monnaie numérique du monde peut un jour rivaliser avec les lingots en tant que couverture inflationniste et diversification de portefeuille.

Jusqu'ici, la forte volatilité du Bitcoin (encore illustrée par une chute brutale début décembre) a tenu les investisseurs institutionnels à distance. «Mais s'ils commencent à déplacer une petite partie de leurs avoirs en or vers le Bitcoin, cela changerait la donne pour les stratégies de diversification à Wall Street», souligne Bloomberg.

L'or appartient au passé

À en croire certains spécialistes, l'or serait même devenu has been. «L'or est l'actif sûr du monde passé et de la génération du baby-boom», assure ainsi Jean-Marc Bonnefous, ancien gestionnaire de fonds spéculatifs sur les matières premières et devenu investisseur en crypto. De plus en plus de fonds comme les family offices vendent leurs avoirs en bourse pour investir dans la cryptomonnaie, rapporte JPMorgan Chase. Dans une récente entrevue à la chaîne CNBC, le directeur des investissements chez BlackRock déclarait que le Bitcoin était là «pour rester», porté par la génération Y.

La capitalisation boursière du Bitcoin n'est actuellement que de 3,1% de celle de l'or. Mais si cette part augmentait à 5%, cela impliquerait un prix de 31.300 dollars [25.757 euros], estime James Butterfill, stratège en investissements chez CoinShares.

La palme de l'exubérance revient aux frères Tyler et Cameron Winklevoss, cofondateurs de la plateforme de vente de cryptomonnaies Gemini, qui prévoient que le Bitcoin atteindra les 500.000 dollars si les banques centrales commencent à investir sur cet actif de diversification à la place de l'or. «Beaucoup de gens réalisent maintenant que le Bitcoin rapportera 25 à 40 fois l'investissement. Je ne pense pas qu'il y ait quelque chose dans l'univers qui protège contre l'inflation et rapporte autant», affirme Cameron Winklevoss à CNBC.

Pour d'autres investisseurs, la hausse actuelle du Bitcoin n'est qu'une bulle spéculative de plus, et un actif bien trop risqué pour servir de couverture. Déclaré mort 341 fois par les économistes, banquiers ou politiciens depuis 2010 selon le site 99bitcoins.com, le Bitcoin continue pourtant sa lente entreprise d'évangélisation et pourrait bien faire diminuer l'éclat des lingots d'or dans les années à venir.

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