Travailler plus pour travailler plus. | John MacDougall / AFP
Travailler plus pour travailler plus. | John MacDougall / AFP

Pour le boss de Wizz Air, les pilotes épuisés doivent travailler plus

Allez, un petit effort. De trop?

Pour les compagnies aériennes comme pour la clientèle qui espère emprunter leurs avions, un été de tous les dangers semble se dessiner. La forte reprise post-pandémique de la demande, couplée à des pénuries importantes en personnels au sol comme navigants, pourraient mener à l'annulation de milliers de vols et à de grands chaos dans les aéroports.

Pour József Váradi, patron de la compagnie low cost hongroise Wizz Air, il existe une solution: travailler plus, malgré l'épuisement. Le personnel de la firme, et en particulier ses pilotes, ont plutôt mal pris le discours très stakhanoviste qu'il a tenu ces derniers jours.

«Nous sommes tous épuisés, mais il faut parfois savoir faire le mile de plus, a expliqué à ses troupes médusées Váradi. Nous ne pouvons pas gérer ce business si, dans une base, une personne sur cinq se fait porter pâle parce qu'elle est fatiguée.»

«C'est un dommage causé à la réputation de notre marque, et c'est un dommage financier, transactionnel, parce que nous devons payer des compensations», a-t-il poursuivi, parlant des vols annulés et des passagers à rembourser.

À la baguette

Bref, il s'agirait de ne pas tirer au flanc et de bien vouloir donner un peu plus de sa personne pour le bon fonctionnement de la machine Wizz Air. En soi, le discours serait déjà problématique dans n'importe quelle entreprise se souciant un peu de la précieuse santé de ses troupes.

Mais à ces considérations sociales basiques s'ajoutent en l'occurrence d'autres, de sécurité collective pour les vols concernés cette fois. Demander des efforts supplémentaires à des pilotes se déclarant fatigués revient «à confier les clés d'une voiture à un conducteur ivre», a déclaré un représentant de l'European Cockpit Association, un syndicat ad hoc.

Représentant 40.000 pilotes en Europe, l'ECA demande instamment au régulateur européen, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne, de se pencher sur les discours et les pratiques de József Váradi et de Wizz Air.

Même son de cloche pour Martin Chalk, responsable d'un autre syndicat du même type, Balpa. «Même la plus basique des cultures de la sécurité impliquerait un patron sachant soutenir et féliciter ses pilotes, qui font ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils s'arrêtent de voler s'ils suspectent qu'ils sont épuisés», a-t-il déclaré.

Un porte-parole de la compagnie a tenu à répondre au Guardian, expliquant que les propos de József Váradi incriminés par son personnel étaient issus d'un discours plus long de quinze minutes et que, bien sûr, la sécurité des passagers comme des équipages était la première priorité de la firme.

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