Attention à ce que vous faites, vivez, pensez, postez: on vous juge. | Callum Shaw via Unsplash
Attention à ce que vous faites, vivez, pensez, postez: on vous juge. | Callum Shaw via Unsplash

Airbnb veut surveiller votre moralité

Et vous en faire payer les conséquences.

Certaines plateformes n'ont désormais rien à envier aux pires techno-dystopies. Selon le quotidien britannique The Evening Standard, Airbnb a récemment déposé le brevet d'un algorithme permettant de détecter les individus «à risque», afin de les priver d'accès à ses services pour éviter des problèmes... qui n'ont pas encore eu lieu.

En 2017, après deux ans de collaboration, Airnnb a racheté une partie de la start-up Trooly. C'est de son savoir-faire que serait issu ce nouvel outil: une intelligence artificielle qui épluche internet –réseaux sociaux compris– en trente secondes afin de réaliser une triple opération.

«Elle vérifie que les informations fournies [par la personne] sont identiques; elle recherche tout comportement sérieusement antisocial ou pro-social (sic) antérieur; et [se base] sur cette empreinte [numérique] pour évaluer la propension [de cet individu] à de futurs comportements antisociaux ou pro-sociaux», détaille froidement le fondateur de Trooly, Savi Baveja.

Black Mirror + Minority Report

Autrement dit, en sus de la vérification d'identité, cette technologie combine la notation des individus, sur le modèle du «crédit social» chinois, avec une forme de «police prédictive», qui consiste à anticiper de futurs comportements «antisociaux». Le tout sur la base de comportements passés présumés, déduits de nos empreintes numériques.

Les traits de personnalité tels que «névrosisme et participation à des crimes», «narcissisme, machiavélisme et psychopathie» font baisser le score. Même tarif si «des mots-clés, images ou vidéos associées avec [la personne] sont en lien avec les drogues ou l'alcool, des sites ou organisations incitant à la haine, ou le travail du sexe».

Les individus «impliqués dans la pornographie» ou ayant «rédigé du contenu avec du langage négatif» (!) y laisseront aussi des plumes, explique The Evening Standard.

De quoi aggraver considérablement les discriminations déjà pratiquées par la plateforme. L'entreprise se justifie notamment par l'interdiction de la prostitution au sein de ses locations et l'impératif de lutte contre le trafic d'êtres humains. Elle assure par ailleurs qu'il s'agit d'un simple dépôt de brevet et que toutes ses fonctions ne seront pas utilisées.

Pour ne rien arranger, selon Associated Press, Facebook et Instagram suppriment de plus en plus de comptes «d'activistes, de sexologues, de survivantes d'agressions sexuelles, d'artistes et de professionnels de l'éducation sexuelle», notamment pour «nudité». Bienvenue dans le capitalisme puritain de surveillance.

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