Si des jours meilleurs se profilent, Airbnb aura tout (re)gagné. | Lionel Bonaventure / AFP
Si des jours meilleurs se profilent, Airbnb aura tout (re)gagné. | Lionel Bonaventure / AFP

Le quitte ou double boursier d'Airbnb

La plateforme arrive-t-elle au pire ou au meilleur moment sur les marchés boursiers?

L'introduction en bourse d'Airbnb, l'une des championnes de la «nouvelle économie» avec Uber, WeWork ou Doordash, est attendue depuis des années. Mais, en 2020, la start-up qui a disrupté l'économie du tourisme s'est à son tour vue chamboulée par la pandémie de Covid-19, qui a frappé de plein fouet le marché du tourisme.

Cahin-caha, Airbnb continue pourtant de préparer son arrivée sur les marchés et, pour ce faire, dévoile ses récents secrets financiers au milieu de l'investissement via un prospectus transmis à la SEC, le gendarme boursier américain.

Certes, la firme a sû quelque peu redresser la barre ces derniers mois, notamment en coupant drastiquement dans ses effectifs et en bidouillant son algorithme afin de favoriser des offres de logements à courte distance du domicile des vacancier·es. Le tableau général reste néanmoins sombre.

Sur les neuf premiers mois de l'année, la firme a réalisé un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, contre 3,1 sur la même période en 2019. Elle s'est acquittée de 843 millions d'euros de remboursements à des voyageuses et voyageurs éplorés, et son déficit net s'élève à 579 millions d'euros. Pour une entreprise que rien ne semblait pouvoir arrêter dans sa marche vers l'ubiquité, c'est ce que l'on appelle un sacré gadin.

Avant la pandémie, la valeur boursière de l'entreprise était évaluée à 26,1 milliards d'euros. Sa capitalisation est désormais évaluée par les analystes à 15,1 milliards d'euros.

Son entrée sur les marchés se prépare donc dans une atmosphère morose pour les jeunes pousses autrefois auréolées de gloire et de certitudes, telle Uber ou WeWork, mais qui ont peiné à convaincre les investisseurs ou investisseuses de la solidité de leur modèle économique et de leur profitabilité à moyen et long terme.

Jours meilleurs

L'IPO d'Airbnb, qui pourrait la voir de nouveau valorisée à hauteur de 26,1 milliards d'euros et lever 2,5 milliards de cash pour son rebond et son développement, est-elle alors promise à la déception, voire à l'échec? Pas si sûr.

Car cette très prochaine arrivée à Wall Street se fait peut-être au meilleur moment. Ces deux dernières semaines, les annonces coup sur coup de Pfizer puis de Moderna concernant l'efficacité supposée de leurs candidats-vaccins contre le Covid-19 ont fait voir la vie en rose à une bourse euphorique et entrevoir de meilleurs jours à la planète entière.

Notamment aux touristes, qui pourraient dans quelques mois être à nouveau libres de voyager sur de plus longues distances et de réserver, sans crainte d'annulation, des logements sur Airbnb.

Si les secteurs du transport aérien de passager·es comme du tourisme ont été parmi les plus durement touchés par la crise actuelle, ils pourraient à l'inverse être ceux qui rebondiront avec le plus d'allégresse dans les mois qui viennent.

L'irruption sur les marchés des «Robinhoods», ces traders et tradeuses du dimanche qui, en masse, et grâce à des applications d'utilisation simple, jouent leur épargne en bourse, pourraient aussi dans ce contexte, favoriser Airbnb en lui apportant une foule de micro-investisseurs et investisseuses, à la grande appétence pour les jeunes et attirantes licornes du genre.

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