Plus de moche que de mal, mais de nombreuses compagnies mécontentes. | Alain Jocard / AFP
Plus de moche que de mal, mais de nombreuses compagnies mécontentes. | Alain Jocard / AFP

Défaut structurel ou problème cosmétique? Airbus empêtré dans un gros problème de peinture

L'A350 est sur la sellette.

L'histoire n'a heureusement pas les conséquences dramatiques des incidents sur le Boeing 737 Max, qui avait cloué les appareils de l'avionneur américain au sol pendant près de deux ans en 2019-2020, mais elle pourrait bien empoisonner les relations entre Airbus et ses clients.

Le 29 novembre, la compagnie Qatar Airways a immobilisé 20 de ses 53 A350 à la suite de cloques apparues sur le fuselage de ses avions, rapporte l'agence Reuters.

Airbus ne nie pas, mais assure que cela ne pose aucun problème de sécurité, évoquant une «légère usure de surface», qui, dans certains cas, rend visible la couche en maille sous-jacente.

«Chez certaines compagnies, les avions sont soumis à des fluctuations de températures plus élevées que d'autres», écrit Airbus dans un courriel à Reuters, faisant allusion aux conditions désertiques du Qatar. C'est pas ma faute, c'est le climat!

Ça pèle!

Le problème, c'est que le cas de Qatar Airways est loin d'être isolé. Reuters a ainsi identifié cinq autres compagnies confrontées au même défaut de peinture qui pèle.

Finnair, qui opère vers toute l'Europe et l'Asie et donc dans des climats beaucoup plus froids, serait également concernée, tout comme Cathay Pacific, Etihad, Lufthansa et Air France via Air Caraïbes. Ces compagnies décrivent des «problèmes esthétiques» mais n'ont en aucun cas envisagé de clouer leurs avions au sol comme Qatar Airways.

Selon certaines sources avancées par Reuters, la peinture défectueuse ne serait qu'un prétexte de Qatar Airways pour faire pression sur l'avionneur, alors que la compagnie cherche à réduire ses coûts suite à la crise du Covid, qui affecte particulièrement les moyens-courriers.

La compagnie qatarienne est aussi en pleine négociation pour remplacer trente-quatre vieux avions cargos Boeing et chercherait par ce biais à obtenir une ristourne.

Airbus affirme par ailleurs travailler à résoudre ce problème de peinture, qui viendrait du nouveau fuselage de l'avion. Lorsque l'avionneur a lancé l'A350 il y a quinze ans, il a choisi comme le 787 de Boeing d'utiliser de la fibre de carbone, un matériau beaucoup plus léger mais sur lequel la peinture adhère moins bien. Et comme la fibre de carbone n'est pas conductrice, il faut en plus rajouter un maillage métallique en dessous pour protéger l'avion de la foudre.

Enfin, contrairement au métal, le carbone ne se dilate pas lorsque les températures changent, contrairement à la peinture, ce qui entraîne un tiraillement et des fissures apparentes au fil du temps.

La bataille porte désormais sur le fait de savoir si ces dommages sont suffisamment importants pour déclencher une clause d'indemnisation. Qatar Airways est pour l'instant le seul à revendiquer un risque de sécurité.

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