Le café n'est plus rentable, et les 25 millions de personnes qui le cultivent dans le monde luttent pour leur survie. | Mike Kenneally via Unsplash
Le café n'est plus rentable, et les 25 millions de personnes qui le cultivent dans le monde luttent pour leur survie. | Mike Kenneally via Unsplash

La pandémie offre un répit très temporaire au café

Stockage massif et perturbations dans l'approvisionnement ont fait repartir le prix du précieux grain à la hausse.

Le monde entier semble tenir sur la caféine. Même en quarantaine, sans emploi ou en télétravail, l'être humain continue de carburer à l'arabica.

La crainte d'une pénurie est paradoxalement une bonne nouvelle pour les exploitations, qui voient les prix à nouveau grimper, après dix ans d'une dégringolade qui les a souvent plongées dans un grand dénuement.

Au début de la pandémie et alors que la planète commençait se confiner, nombre d'États et acteurs du secteur ont décidé de stocker d'importantes quantités de denrées alimentaires, poussés par la peur d'une rupture des chaînes d'approvisionnement.

Le café n'a pas fait exception. Le 30 mars, Reuters rapportait que les grands importateurs ont engrangé l'arabica à un rythme plus soutenu qu'à l'ordinaire, prenant jusqu'à un mois d'avance dans les commandes pour se préparer au pire: le manque.

Le confinement a un impact tout au long de la chaîne –sur l'offre, sur la demande et dans les processus intermédiaires. Comme d'autres pays producteurs, la Colombie pourrait ne pas être en capacité d'honorer toutes ses commandes. Le transport est également très perturbé par la mise à l'arrêt d'une partie de l'économie mondiale.

Simple embellie

Conséquence logique de ces tensions entre un approvisionnement incertain et une demande explosive: le prix de l'arabica remonte sensiblement.

CNBC indique qu'il a gagné 8,8% en mars sur la place de New York: un gain non négligeable, mais loin de compenser la vertigineuse chute des cours entamée en 2011. Le prix d'une livre de café s'élevait alors à plus de 3 dollars, quand il n'est aujourd'hui que de 1,16 dollar.

Le bol d'air offert aux producteurs de café –25 millions de personnes dans le monde– est donc minimal. Pire, il sera sans doute temporaire: les stocks devront s'écouler dans un marché où les coffee shops tarderont à rouvrir.

Des catastrophes naturelles, comme l'invasion de criquets en Afrique de l'Est, constituent elles aussi de sombres présages pour les plantations touchées.

L'International Coffee Organization (ICO) prévient: l'embellie ne sera que de courte durée. Les prix du café ne permettent plus aux cultivateurs de couvrir leurs frais; pour survivre, beaucoup ont déjà tourné le dos aux caféiers et choisi un produit plus lucratif.

Éclaircie ou non, la crise reste profonde et ne fera que s'amplifier dans les prochaines années: le monde devra peut-être se trouver une autre dépendance.

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