Un produit, un modèle, un prix: Brandless aime les choses simples. Le client suivra-t-il? | Brandless
Un produit, un modèle, un prix: Brandless aime les choses simples. Le client suivra-t-il? | Brandless

Le plus gros concurrent d'Amazon? La simplicité

Et si le géant du commerce en ligne, avec sa masse infinie d'objets vaguement interchangeables, finissait par crouler sous son propre poids et sa propre complexité?

Et si le principal concurrent d’Amazon était la simplicité? Et si son ennemi le plus menaçant était la lassitude du consommateur face à cette masse infinie de biens interchangeables, son désir de ne plus passer six heures à benchmarker l’achat d’une brosse à dent électrique et le double à naviguer avec attention entre les vrais et faux commentaires de faux et vrais acheteurs et consomatrices?

S'extraire du labyrinthe

C’est sans doute l’idée qui a traversé l’esprit du data scientist John DeFeo, à l’origine du bien nommé Good, Cheap and Fast. «Amazon ressemble parfois à un champ de mine», expliquait-il l’année dernière à Fast Company. Il s’intéresse à ce que le site appelle les maximizers, des utilisateurs avertis cherchant le rapport qualité-prix le plus juste, le meilleur du meilleur des produits, adapté à l’euro près à leurs moyens.

D’une sobriété graphique très web 1.0, Good, Cheap and Fast leur permet de gagner un précieux temps tout en s’épargnant quelques grosses migraines: les catégories de produits y sont limitées et, pour chacun d’entre eux, un algorithme a fait le tri dans les commentaires pour ne sélectionner que ceux qui semblent légitimement se détacher.

Good, Cheap, and Fast ressemble à un site de l'internet du siècle dernier, mais il est peut-être pour vous le meilleur moyen d'échapper à quelques sales migraines. | Capture d'écran

Good, Cheap and Fast n’est qu’une manière, simplifiée, de naviguer sur l’océan Amazon en évitant de se perdre dans son immensité –rien de menaçant pour la firme de Jeff Bezos, donc. Mais le même type de réflexion a sans doute présidé aux destinées d’une start-up qui, elle, se pose clairement et directement en concurrence avec le géant du commerce en ligne: Brandless.

Les essentiels, et rien que ça

Présentée également sur Fast Company, lancée dès 2017 et ayant bénéficié l’an passé d’un investissement de 240 millions de dollars (un peu plus de 175 millions d’euros) de la part d’un fonds japonais, Brandless (littéralement «Sansmarque») mise sur la sobriété et la clarté de l’offre pour attirer ses clients. Vous cherchez du dentifrice? Le site n’en vend qu’un. Des couches? Même chose, un seul modèle. Du papier toilette? Ici, pas de dédale pour internautes paumés entre le triple épaisseur, les rouleaux XL, les Senteurs de matin du printemps ou les tubes aqua-fondants: Brandless n’en vend qu’un type.

Les essentiels, rien que les essentiels. Et des gammes qui s'élargissent régulièrement pour couvrir tous les besoins d'un foyer. Chaque produit vendu sur le site, le plus souvent à un coût relativement faible, a été conçu et produit par la (non) marque, selon des exigences de qualité qu’elle déclare élevées, justes, écologiques, responsables. Des critères très éloignés de la jungle amazonienne en la matière: la firme se contente généralement de distribuer des produits sur la production desquels elle n’a aucune prise. Et un mode de production comme de distribution qui, bien sûr, permettent de tenir des prix serrés –et sans doute de confortables marges.

Difficile de savoir si Brandless, qui met également l'accent sur un dialogue permanent avec ses clients, réussira à tailler de véritables croupières à Amazon. Sa création et son principe même, comme celui de Good, Cheap and Fast, peuvent en revanche être compris comme des indicateurs: la complexité inhérente au bazar universel qu’est la vente en ligne est un poids dont il pourrait tout à fait, pour son bien, se passer.

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