La mention sur produit «Amazon's Choice» a été introduite pour la première fois en 2015. | Christian Wiediger via Unsplash
La mention sur produit «Amazon's Choice» a été introduite pour la première fois en 2015. | Christian Wiediger via Unsplash

Peut-on faire confiance aux produits estampillés «Amazon’s choice»?

À chacune de vos recherches sur son site, le géant recommande un produit choisi par ses soins. Sans communiquer sur ses procédés.

Les internautes aiment avoir le choix avant d'acheter un produit. Mais, selon une étude, une offre trop variée peut avoir des effets négatifs (peur de se tromper ou sentiment d'être dépassé), si bien qu'un éventail de choix trop large peut paralyser un certain type de clientèle qui finit par quitter le site sans rien acheter.

Pour y remédier, Amazon a créé une série de fonctionnalités pour aider ses client·es à choisir entre des produits d'une même gamme –qui se déclinent parfois par centaine.

La mention «Amazon's choice» est l'une des options proposées par le géant, qui se pose alors en conseiller en vous proposant un produit qu'il a lui-même sélectionné.

La société affirme que ce label, introduit pour la première fois en 2015, est attribué aux articles «haut de gamme à des prix avantageux et pouvant être expédiés immédiatement». Ce procédé pose toutefois question, tant sur sa nature même que sur les produits qu'il met en avant.

Opacité

Si le mot «choix» a une connotation humaine qui laisse penser qu'une ligne éditoriale existe pour sélectionner des produits, Wired explique qu'il est peu probable que les employé·es d'Amazon en évaluent individuellement des millions.

Reste alors l'hypothèse d'un mécanisme automatique. La société de Jeff Bezos reste floue quant à son fonctionnement. «Amazon's choice n'est que notre recommandation, les clients peuvent toujours accéder à des marques ou des produits spécifiques s'ils le souhaitent», indique un porte-parole de l'entreprise dans un communiqué.

Pour lever le voile sur cette mystérieuse fonctionnalité, des personnes qui consomment, qui vendent ou des consultant·es ont tenté d'en déchiffrer le code. Bilan: le produit élu n'est pas toujours le moins cher ou le mieux évalué par la clientèle.

D'autres spécialistes ont supposé qu'Amazon prenait en compte différents facteurs tels que le nombre de retours d'articles commandés par rapport aux concurrents ou les mots-clés tapés lors des recherches par les internautes. L'ajout ou la suppression d'un mot pourrait changer du tout au tout les recommandations qui s'affichent. «Il semble que cela dépende vraiment des mots-clés», présume David Bryant, vendeur et blogueur sur la plateforme, auprès de Wired: la qualité intrinsèque du produit n'a donc que peu de rapport avec l'attribution du précieux macaron.

La mention «Amazon best seller», qui signale les produits les plus vendus, semble beaucoup moins abstraite aux habitué·es de la vente sur la marketplace. «C'est beaucoup plus puissant que la mention «choice», qui est totalement calculée par un algorithme et parfois totalement à côté de la plaque», explique David Bryant.

Amazon semble avoir reçu les critiques puisque le site insère depuis octobre 2018 des contenus éditoriaux issus de publications externes dans les résultats de recherche. Peut-on affirmer pour autant que l'entreprise reconnaîtrait la supériorité de l'être humain sur l'algorithme?

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