Les conditions que propose Amazon ont de quoi attirer une armée de livreurs. | Hello I'm Nik via Unsplash
Les conditions que propose Amazon ont de quoi attirer une armée de livreurs. | Hello I'm Nik via Unsplash

La guerre des frais de livraison a commencé

Pour 100 dollars de produits vendus, une entreprise d'e-commerce dépense environ 20 dollars en logistique.

Après la vente de livres, de vêtements, de nourriture, d'objets électroniques, et d'à peu près tout ce qui se vend, Amazon a annoncé vouloir son propre service de livraison. Difficile d'imaginer le géant échouer dans sa prise de contrôle du secteur si l'on regarde son histoire. Pourtant, ce projet laisse sceptique: la concurrence est rude dans la course pour livrer bien, vite et partout à la fois.

Amazon sort l'artillerie lourde. Alors que la firme avait jusque-là évité l'exemple de Google ou de Facebook, devenues des usines à start-ups, elle a récemment invité ses employé·es à créer des petites entreprises qui permettraient de livrer les paquets Amazon. Afin de motiver les troupes, l'entreprise propopose 10.000 dollars et trois mois de paye pour démissionner et démarrer un business spécifiquement dédié à Amazon.

De quoi créer une armée de livreurs prêts à suivre les indications de l'armée de robots collecteurs de données qu'Amazon est également en train de déployer. L'entreprise dispose déjà d'un nombre abyssal d'informations sur les livraisons de ses colis aujourd'hui majoritairement effectuées par FedEx ou UPS en Amérique, permettant d'optimiser ses livraisons.

Bonus: en proposant ce service de livraison à d'autres entreprises ou marchés, Amazon transformerait l'un de ses plus gros coûts en source de revenus.

De l'art de transporter n'importe quoi

Le secteur du transport de biens ne semble pour l'instant pas très inquiet: FedEx et UPS (qui contrôlent respectivement 22% et 44% des parts du marché) acheminent en moyenne 20 millions de paquets par jour, grâce à une flotte de 160.000 voitures et camions et de 900 avions. Quant aux plus petits acteurs du marché, ils sont des dizaines. DHL et XPO logistics, qui gèrent des entrepôts, ont mis en place un système de robotisation de leurs opérations très sophistiqué, comme l'indique un rapport du McKinsey Global Institute.

«Amazon a chamboulé d'autres secteurs industriels, mais je ne pense pas qu'ils vont bouleverser l'industrie du transport», estime Beth Davis-Sramek, professeure à l'Université d'Auburn, interrogée par Axios.

Si la bataille ne fait que commencer, l'enjeu de la diminution des coûts de livraison pour le commerce en ligne est énorme: ils ne cessent d'augmenter partout dans le monde. Pour 100 dollars de produits vendus, une entreprise d'e-commerce dépense environ 20 dollars en logistique, d'après le rapport McKinsey.

Au niveau mondial, le marché de la livraison d'objets pèse 1,5 milliard de dollars par an et l'industrie de la logistique emploie environ 15 millions de personnes, représentant, toujours selon le rapport McKinsey, le troisième plus grand secteur potentiel d'automatisation du travail.

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