Des ouvriers chinois prenant leur pause, en mars 2020. | STR / AFP
Des ouvriers chinois prenant leur pause, en mars 2020. | STR / AFP

Les petits arrangements d'Apple avec le travail forcé des Ouïghours

Quand déclarations publiques et lobbying discret ne s'accordent pas.

Loi du marché et éthique ne font pas toujours bon ménage. Ainsi d'Apple, qui semble peiner à concilier les normes sociales minimales qu'elle assure imposer à ses sous-traitants et les réalités du marché et de la logistique.

Lors de son audition au Congrès américain en juin 2020, Tim Cook clamait que «le travail forcé est une chose horrible et ne saurait être toléré chez Apple».

Ces déclarations venaient quelques mois après la publication, en mars, d'un rapport accablant de l'Institut australien de stratégie politique sur le recours au travail forcé des Ouïghour·es par les fournisseurs de certaines grandes firmes (Apple, Volkswagen, Sony, Huawei, Nike ou Samsung notamment).

En juillet, Apple annonçait lancer une enquête approfondie sur l'une des entreprises chinoises mises en cause, Nanchang O-Film Tech, mais ne trouvait alors aucune preuve de faute.

Dans les couloirs feutrés de Washington, c'est semble-t-il une partition plus nuancée que joue Apple. The Information révélait il y a quelques semaines qu'Apple, aux côtés d'autres grandes sociétés, s'était payé les services d'une firme de lobbying qui, selon le Washington Post, a été chargée d'affaiblir un texte en préparation au Congrès, le Uyghur Forced Labor Prevention Act.

Responsabilité

Celle-ci, indique le Washington Post, obligerait toute entreprise américaine à garantir qu'elle ne fait pas un usage indirect du travail forcé des populations ouïghoures déplacées, internées et exploitées par le gouvernement chinois.

D'après un insider, interrogé par le quotidien sous couvert d'anonymat, Apple souhaiterait que le texte ne l'expose pas à des conséquences en cas de lien avéré avec ce travail forcé.

«Ce qu'Apple aimerait, c'est qu'on discute du sujet sans qu'il n'y ait de réelle conséquence», a pour sa part expliqué beaucoup plus clairement Cathy Feingold, directrice de la branche internationale de l'AFL-CIO, fédération de syndicats américain soutenant le texte tel qu'initialement imaginé. «Ils sont choqués, car c'est la première fois qu'il pourrait y avoir de vraies sanctions.»

De son côté et par la voix de son porte-parole Josh Rosenstock, Apple nie toute volonté d'affaiblir le texte. Selon lui, la firme «s'applique à s'assurer que tout le monde dans nos chaînes de production soit traité avec dignité et respect. Nous abhorrons le travail forcé et soutenons les objectifs du Uyghur Forced Labor Prevention Act.» Un soutien sous conditions, donc.

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