Aussitôt listés, les véhicules de seconde main sont vendus. | Dan Gold via Unsplash
Aussitôt listés, les véhicules de seconde main sont vendus. | Dan Gold via Unsplash

Le boom de l'occasion donne du fil à retordre aux concessionnaires automobiles

«Je n'avais jamais vu ça», témoigne l'un d'eux.

Le Covid-19 a bouleversé la façon dont nous nous déplaçons. Les transports en commun, qui favorisent la promiscuité physique et sont donc propices à la contamination, sont aujourd'hui des lieux à éviter.

Un peu partout, le vélo connaît un boom sans précédent jusqu'à provoquer des pénuries. Mais du fait de la baisse des prix du carburant, et parce que son habitacle est considéré comme plus sûr, la voiture est devenu le moyen privilégié de se déplacer.

Seulement, la crise rend le futur très incertain pour de nombreux ménages, et l'heure n'est pas toujours aux grosses dépenses. Beaucoup se sont donc rabattus sur le marché de l'occasion.

En France cet été, le marché de l'occasion a progressé de 17%, alors que celui des véhicules neufs a reculé de 20%, à tel point que les offres de véhicules de seconde main se font de plus en plus rares. Mais aux États-Unis, où le virus circule encore beaucoup, la situation relève du jamais-vu.

Le New York Times raconte qu'alors que les concessionnaires se livrent habituellement bataille pour vendre des voitures, ils occupent désormais le plus clair de leur temps à essayer d'en acheter. Publicités et démarchages sont ainsi désormais tournés non plus vers les acheteurs, mais vers les vendeurs potentiels.

Et l'environnement dans tout ça?

«Normalement, la valeur d'une voiture d'occasion est censée descendre. Mais je regarde celle des voitures sur mon parking et elle est plus haute qu'au début du mois, témoigne Adam Silverleib, un concessionnaire du Massachusetts. Je n'avais encore jamais vu ça.»

L'enthousiasme des concessionnaires n'est pas partagé par les pouvoirs publics, notamment dans les grandes villes, qui s'inquiètent d'un retour en force de la voiture comme moyen de transport privilégié. Ainsi, le maire de New York, Bill de Blasio, a conseillé aux New-Yorkais·es de ne pas acheter de voiture car «elles représentent le passé».

S'il brouille les horizons des constructeurs automobiles, le regain d'intérêt pour les occasions reste, pour l'environnement, une meilleure nouvelle qu'un boom des voitures neuves, puisqu'il n'ajoute pas de nouveaux véhicules sur les routes.

Le phénomène pourrait néanmoins ne pas durer, explique Jessica Caldwell, cadre chez Edmunds, une firme d'analyse du marché automobile. Selon elle, les fabricants vont reprendre leur rythme de production habituel, innonder les concessionaires, et proposer des promotions.

La question est de savoir quand ils pourront le faire: si la crise se poursuit pendant l'automne, les occases pouraient continuer d'avoir la cote.

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