La roue d'une Volkswagen à Hamm, Allemagne. | Ina Fassbender / AFP
La roue d'une Volkswagen à Hamm, Allemagne. | Ina Fassbender / AFP

Pour Volkswagen, l'électrique est une question de vie ou de mort

Selon son PDG Herbert Diess, les constructeurs qui prendront trop tard le virage finiront comme Nokia.

Cinq ans après le dieselgate, lors duquel l'Agence américaine de protection de l'environnement avait révélé que Volkswagen truquait ses moteurs lors des tests d'homologation, le constructeur automobile allemand veut faire amende honorable. Son nouveau PDG, Herbert Diess, affirme ainsi ne pas voir d'avenir pour son entreprise hors de l'électrique.

Diess va jusqu'à assumer la comparaison avec Nokia. «Nokia est probablement un bon exemple de la manière dont une telle transformation peut se dérouler –si vous n'êtes pas assez rapide, vous ne survivrez pas.»

Dans les années 1990, Nokia était pionnière dans le secteur des téléphones portables et a largement dominé le marché jusqu'à la moitié des années 2000. Mais l'entreprise finlandaise n'a pas su voir les bouleversements qu'apportaient au marché Blackberry et Apple, et a complètement raté le virage des smartphones. Si bien que Microsoft a racheté sa branche téléphonie en 2014.

Lorsque Diess compare Volkswagen à Nokia, il anticipe donc que les véhicules électriques seront à l'automobile ce que les smartphones ont été à la téléphonie mobile: une révolution qui transforme entièrement l'industrie, jusqu'à avoir la peau des constructeurs et de leurs produits ayant échoué à prendre le virage à temps.

Investissements massifs

Lors d'une interview accordée à Bloomberg, Diess a ainsi affirmé qu'après la pandémie, l'entreprise investirait massivement dans les nouvelles technologies afin de rester en bonne place dans une course à l'électrique qu'il estime «existentielle».

Volkswagen est en effet parvenue à encaisser la crise causée par la pandémie de Covid-19 et à rebondir correctement une fois la première vague passée, notamment grâce à un important regain de demande en Chine.

La seconde vague de l'épidémie et le Brexit qui approche n'annoncent cependant pas un avenir radieux pour les entreprises automobiles. Si Volkswagen souhaite maintenir voire augmenter ses investissements dans l'électrique, ses dépenses dans d'autres domaines devront baisser.

Cette transition vers les batteries ne se fait pas seulement par bonne conscience écologique: elle est lentement mais sûrement en train de devenir un impératif commercial. «Les gouvernements jouent un rôle énorme» dans les comportements de la clientèle, précise Diess à Bloomberg.

«Pour beaucoup de monde, il sera bientôt difficile de décider d'acheter autre chose qu'un véhicule électrique.» C'est ainsi que la petite Zoé de Renault continue de battre des records en Allemagne, bien aidée par la politique volontariste du gouvernement Merkel, et que la croissances des ventes de véhicules électriques en Europe est si rapide que les constructeurs s'inquiètent désormais du manque de bornes de recharge installées sur la voie publique.

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