Au revoir, petits avions! | Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Au revoir, petits avions! | Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

24 récupérés sur 500: les avions loués en Russie semblent perdus à jamais

Les loueurs commencent à faire leur deuil de centaines d'aéronefs.

Dès l'imposition de sanctions par les pays occidentaux à la Russie après son invasion de l'Ukraine, nous rapportions le branle-bas de combat dans lequel étaient entrés les gros loueurs d'avions de ligne, dont dépendent grandement les compagnies aériennes russes, pour récupérer leurs (très) précieux biens.

Ils semblent désormais se rendre à l'évidence: selon les calculs de Dean Gerber de Valkyrie BTO Aviation, cité par Bloomberg, seuls 24 sur les près de 500 Boeing et Airbus loués par des firmes européennes à des compagnies russes ont pu jusqu'ici être récupérés.

Comme l'explique le site américain, les compagnies ont techniquement jusqu'au 28 mars pour rendre les aéronefs à leurs propriétaires légitimes. Mais Aeroflot et les autres ont été promptes à tous les rapatrier en Russie, hors de portée, pour l'instant du moins, des entreprises qui voudraient les récupérer.

«La crainte principale en ce moment est que ces avions soient perdus à jamais», explique Steve Giordano, œuvrant pour Nomadic Aviation Group, l'une des rares entreprises au monde spécialisée dans la récupération de ces avions loués.

«Plus nous discutons avec les assureurs et d'autres interlocuteurs à cette conférence, plus il semble clair que ces avions ne reviendront jamais», a quant à lui déclaré George Dimitroff, expert pour Ascend by Cirium, lors de la conférence ISTAT à San Diego aux États-Unis.

Main-basse

Tous semblent surpris de la manière dont la Russie s'est jouée des accords et traités internationaux, qui prévoient certaines sécurités pour assurer les loueurs de pouvoir, en tout cas et en cas de problème, récupérer leur bien.

Selon Bloomberg, les autorités russes ont ainsi très vite multiplié les télex aux compagnies, pour les enjoindre de restreindre leurs vols aux liaisons internes ou à celles vers l'allié biélorusse. Tombait ainsi une sorte de nouveau rideau de fer, et les avions étaient mis hors de portée des loueurs cherchant légitimement à les récupérer.

Des dribbles administratifs ont également été réclamés aux compagnies quant au ré-enregistrement des avions, de leurs bases habituelles aux Bermudes en Russie, pour s'assurer qu'ils ne quitteraient plus le territoire et rendre leur récupération et leur suivi plus complexe.

Les sommes en jeu sont considérables: il est question de matériels d'une valeur totale de 10,3 milliards de dollars (9,3 milliards d'euros), la firme irlandaise AerCap étant la plus exposée, avec 152 avions loués en Russie, pour une valeur totale de 2,3 milliards d'euros.

Les loueurs ainsi que leurs assureurs se préparent donc à d'âpres pugilats juridiques une fois la guerre terminée, et si les autorités et compagnies russes acceptent de normaliser la situation.

Quelle que soit l'issue de ces procédures, certaines choses seront néanmoins perdues à jamais: perturber le suivi de la maintenance d'un avion, en faisant déménager son enregistrement des Bermudes en Russie par exemple, signifie également faire mécaniquement baisser sa valeur.

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