Adieu, les A380 aux couleurs d'Air France. | Ludovic Marin / AFP
Adieu, les A380 aux couleurs d'Air France. | Ludovic Marin / AFP

La surprenante renaissance de l'A380

Au garage il y a peu, le mastodonte trouve un nouveau souffle.

Une prouesse technique majeure mais un anachronisme commercial qui a mené à son abandon par Airbus, à la fin de sa production voire au désossage de certains de ses exemplaires: l'A380 a eu une vie courte et mouvementée.

Une vie que l'on pensait donc dans ses derniers instants, mais qui connaît ces jours-ci un nouveau soubresaut. En pleine pandémie de Covid-19 et avec l'effondrement du trafic aérien qui l'a accompagnée, le mastodonte constituait un véritable embarras pour les compagnies ayant fait le pari d'un tel gros-porteur, capable d'emporter plus de 500 passagers.

Ainsi que le rapporte Bloomberg, Qantas a un temps mis ses A380 au rebut dans le désert de Mojave, en Californie, alors que le patron d'Etihad expliquait début 2021 que les dix aéronefs à deux étages possédés par sa compagnie, remisés au garage, pourraient ne plus jamais voler.

Les choses, depuis, ont diamétralement changé. Les limitations liées au Covid-19 s'évaporent (presque) partout dans le monde. Désormais revenu à 85% de ce qu'il était en 2019, le trafic aérien reprend fortement dans un phénomène que les Anglo-Saxons nomment le «revenge travel» –les passagers compensent ces dernières années sans voyages.

Les compagnies aériennes –comme les aéroports– qui avaient réduit la voilure au creux de la vague font désormais face à de profonds problèmes de recrutement, y compris de pilotes qualifiés, qui provoquent des annulations de vols par milliers.

Quatre moteurs, seconde vie

Il est bien sûr peu probable que les compagnies, qui préfèrent désormais de plus petits avions à plus long rayon d'action et moins consommateurs en carburant, ne poussent Airbus à relancer son programme.

Air France a arrêté de faire voler ses A380 en 2020, deux ans plus tôt que prévu, échappant ainsi à une coûteuse mise à niveau et accélérant son programme de baisse des émissions de CO2. Quant au patron de Qatar Airways, il était allé jusqu'à dire que l'achat du très gros-porteur d'Airbus avait été «la plus grosse erreur» jamais commise par la compagnie.

Mais en pleine tempête et en pleine pénurie de personnel, celles qui possèdent encore des A380 en état de voler trouvent dans le gros avion un atout non négligeable. D'après des chiffres de Cirium cités par Bloomberg, le nombre de vols d'A380 représentera à la fin de l'année 2022 60% de ce qu'il était en 2019.

4.000 vols ont été planifiés pour ce mois, et 6.000 devraient avoir lieu en janvier 2023, selon le même institut. Quant à British Airways, elle devrait même opérer plus de vols avec le gros-porteur d'Airbus qu'avant la crise.

«Je pense qu'il a un futur dans certaines compagnies, ose avancer John Grant, analyste pour la firme OAG. Elles espèrent ou prient peut-être que le prix du pétrole sera plus bas dans dix-huit mois: l'A380 sera alors l'avion idéal.» Une seconde vie sans doute temporaire, mais une seconde vie quand même.

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