Deux pêcheurs retournent sur la côte à Denpasar, Bali, le 24 février 2020. | Sonny Tumbelaka / AFP.

Deux pêcheurs retournent sur la côte à Denpasar, Bali, le 24 février 2020. | Sonny Tumbelaka / AFP.

À Bali, retour à la pêche et aux champs après l'effondrement du tourisme

Le Covid-19 a forcé les hôtels de l'île à fermer et contraint les Balinais·es à revenir dans les villages pour exercer des activités agricoles.

Bali est le moteur touristique de l'Indonésie. L'île d'environ quatre millions d'habitant·es, dans un pays qui en compte plus de 270 millions, a attiré six millions de touristes venant de l'étranger l'an dernier, et dix millions de touristes indonésien·es.

Selon le New York Times, la moitié de l'économie de l'île est dédiée au tourisme, et un quart supplémentaire, dont les transports et l'alimentation, doit une partie de ses affaires à l'activité de ce secteur. Mais en début d'année, cette manne financière s'est subitement tarie.

En mars, l'Indonésie a banni l'arrivée des personnes en provenance des pays les plus touchés par le Covid-19. Quelques semaines plus tard, il été interdit pour tous les touristes internationaux d'accéder à l'archipel. Puis, en mai, le tourisme intérieur a à son tour été proscrit, sauf pour les personnes testées négatives au coronavirus.

Les jeunes des villages du nord de Bali sont depuis des années attiré·es vers le sud, où se concentre la majorité du tourisme. Beaucoup font des études d'hôtellerie puis partent travailler dans les hôtels, restaurants ou agences de voyages.

Mais cette année, ces établissements ont dû renvoyer nombre d'employé·es et diminuer les salaires et heures de travail des autres. Résultat: des milliers de personnes sont retournées dans leurs villages d'origine.

Une aubaine pour les villages du nord

Pêche, ramassage de palourdes ou de crabes à la marée basse, récolte de fruits... L'activité au nord est plus dure, plus dangereuse et moins rémunératrice que le travail au coté des touristes.

«C'est la première fois que je suis sans emploi et parfois j'ai envie de pleurer», explique Ni Nyoman Ayu Sutaryani, 37 ans, au New York Times. Habituellement masseuse et instructrice de yoga, cette mère de trois enfants est rentrée dans son village et ramasse maintenant des clous de girofle du haut d'une échelle en bambou. «On doit faire ça pour ne pas s'affamer.»

Pour les villages désertés, le retour des Balinais·es parti·es au sud est parfois une bénédiction. À Tembok, un village de 7.000 âmes, environ 400 personnes sont récemment rentrées travailler dans les champs (où il manque souvent de la main d'œuvre), relate Dewa Komang Yudi, le chef de ce fief. Et d'espérer que certaines resteront de manière permanente: «C'est la situation dont nous rêvions.»

Le gouverneur de Bali, I Wayan Koster, veut rouvrir l'île au plus vite. Les touristes en provenance de l'Indonésie devraient pouvoir revenir dès le 31 juillet. Et, si tout va bien, les touristes internationaux pourront repeupler les hôtels du plus grand archipel du monde à partir du 11 septembre prochain.

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