Selon le dirigeant de l'entreprise, ce trou financier n'est qu'un accident comptable. | Mark Ralstion / AFP
Selon le dirigeant de l'entreprise, ce trou financier n'est qu'un accident comptable. | Mark Ralstion / AFP

Bird a perdu 100 millions de dollars au premier trimestre

La célèbre société américaine de partage de scooters électriques semble traverser une mauvaise passe. Son PDG reste confiant.

Peut-être appréciez-vous les services de Bird qui loue ses trottinettes pour vous rendre sur votre lieu de travail en slalomant avec élégance entre piétons et voitures.

Peut-être, au contraire, vous irritez-vous de la prolifération chaotique de ces machinettes du diable sur nos trottoirs métropolitains déjà bondés, des conditions de travail déplorables des «juicers» –dont la tâche est de les recharger– ou encore du coût écologique caché de ces engins.

Si vous appartenez à cette seconde catégorie, ou à celle qui voit dans le surgissement de ces flottes de trottinettes en libre-service une bulle ne demandant qu'à éclater, la nouvelle péripétie financière de Bird, par qui tout est arrivé, vous réjouira certainement.

Un gros trou

Le 11 juillet, The Information rapporte que la société américaine aurait perdu la somme de 100 millions de dollars (près de 89 millions d'euros) au premier trimestre seulement, avec un chiffre d'affaires chutant ainsi à 15 millions de dollars.

Le PDG de Bird, Travis VanderZanden, n'a pas tardé à réagir. S'il ne conteste pas la somme, il a essayé de prouver, dans une série de tweets chiffrés, que ces 100 millions de découvert n'étaient qu'un accident comptable. Avant d'ajouter que la firme –valorisée à 2,3 milliards de dollars– pouvait regarder l'avenir avec optimisme.

Une réaction peu innocente. Selon The Information, Travis VanderZanden et ses équipes seraient justement en train d'essayer de convaincre les fonds d'investissement d'injecter de nouveau 200 à 300 millions de dollars dans leur aventure.

Du mieux mais des doutes

Aux yeux de son dirigeant, Bird a fait d'énormes progrès matériels, rendant ses trottinettes plus durables, moins coûteuses à entretenir et plus difficiles à voler. «Bird gagne désormais 1,27 dollars (1,12 euros) sur chaque course effectuée avec le modèle Bird Zero, qui représente 75% de notre flotte», a-t-il précisé dans un autre de ces tweets, indiquant que tous les coûts d'exploitation étaient pris en compte dans son calcul.

D'autres mesures ont été prises pour consolider ces résultats. Une partie des effectifs de la firme a été licenciée en début d'année, il est désormais possible d'acheter les machines créées par l'entreprise, qui prévoit également pour accélérer sa croissance d'externaliser une partie de son activité à des opérateurs tiers grâce à la Bird Platform.

Un arsenal suffisant pour surmonter la disette hivernale? Peut-être pas. Les investisseurs et investisseuses restent méfiant·es quant à l'avenir de Bird et de ses concurrents. «Cette industrie est aujourd'hui la plus incertaine dans la consumer tech. Personne ne sait ce qui va se passer», a ainsi déclaré l'un·e de ces financièr·es à The Information.

L'attitude de municipalités, parfois hostiles à cet envahissement, et la publicité négative autour des trottinettes électriques ne joue en tout cas pas en la faveur de l'entreprise.

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