Les toits de drôles de bâtiments et des paneaux solaires. | chuttersnap via Unsplash
Les toits de drôles de bâtiments et des paneaux solaires. | chuttersnap via Unsplash

Une cryptomonnaie pour rendre l'énergie plus verte?

C'est le pari d'une start-up australienne.

Power Ledger est une start-up australienne dont le projet pourrait à première vue ressembler à une parodie tant il concentre l’intégralité du vocabulaire cliché associé aux nouvelles technologies: cette jeune pousse compte disrupter le marché des énergies renouvelables à l’aide de crypto-énergie en blockchain. L'entreprise est sérieuse et son objectif, lumineux: permettre à quiconque de pouvoir investir et s’investir dans le marché de la transition énergétique et accélérer ainsi, peut-être, l’indispensable évolution vers le tout-vert.

En principe, lorsqu’une personne dispose de panneaux solaires, elle peut revendre son éventuel surplus en électricité à un fournisseur, qui se chargera de l’acheminer ailleurs. Le but de Power Ledger est de permettre aux particuliers de revendre directement leur électricité aux foyers voisins, sans passer par les fournisseurs ni par la case commission: les acheteurs payent moins cher et les producteurs gagnent plus. Ainsi, tout le monde pourrait avoir accès à de l’énergie «verte», même sans avoir les moyens de s’équiper en panneaux photovoltaïques, les paiements s’effectuant via une cryptomonnaie maison nommée Sparkz.

Une technologie encore embryonnaire

Au lancement de la start-up en 2017, tout le monde pouvait investir dans ce projet en achetant des tokens, baptisés POWR: surfant sur l’intense fièvre des cryptomonnaies, l'idée s'est concrétisée au bon moment et a rapidement réussi à réunir des millions de dollars. Contrairement aux cryptomonnaies habituelles, ces tokens n'offraient toutefois pas de potentiels profits purement spéculatifs mais la possibilité d’utiliser, dans un futur plus ou moins proche, la technologie proposée par Power Ledger.

La phrase «dans un futur plus ou moins proche» est un point important du paragraphe précédent. Car malgré des articles dépeignant déjà Jemma Green, la présidente de la start-up, comme une cyber-Robin des bois prête à démocratiser pour de bon l’énergie renouvelable, la technologie promise par Power Ledger n’est encore qu’embryonnaire et ne s'est pas étendue au-delà d’une poignée de zones test. Pour souscrire à Power Ledger et commencer à acheter moins cher votre énergie «verte», il vous faut vivre dans l’un des bâtiments participants. Et selon David Martin, le PDG, ces bâtiments sont pour l’instant au nombre de… cent. C'est peu.

Fluidité ou régulation?

Rien d'étonnant à ce que la couverture du réseau électrique se fasse de manière progressive. Mais la start-up australienne fait face à d’autres critiques. À commencer par la raison d'ête de l'entreprise: il est difficile de comprendre exactement quel problème Power Ledger essaye de régler. Car la blockchain n’est pas qu’une technologie: elle peut aussi être considérée comme une idéologie qui participe avec enthousiasme à l'émergence d'un marché liquide et décentralisé échappant à toute régulation.

Il reste encore à prouver si marché et réseau électrique décentralisés donc «fluides» sont réellement supérieurs au système actuel. Certains estiment qu’une organisation centralisée et régulée reste plus souhaitable pour permettre une meilleure vision d’ensemble et une répartition efficace de l’énergie. Power Ledger aura, de plus, du mal à se passer entièrement des gros fournisseurs, propriétaires du réseau nécessaire à l’acheminement d’énergie –ceux-ci ne comptent sans doute pas laisser la start-up utiliser gratuitement les infrastructures qu'ils financent depuis des décennies.

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