Tout pour embêter le petit camarade. | Etienne Jong via Unsplash
Tout pour embêter le petit camarade. | Etienne Jong via Unsplash

Quand Boeing dénonce Airbus sur des questions de sécurité

Règlements de comptes à 30.000 pieds.

C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité. Empêtré depuis plusieurs années dans des problèmes de sécurité sur plusieurs de ses avions, Boeing a récemment fait connaître à l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) ses préoccupations au sujet de l'A321 XLR d'Airbus, un avion monocouloir dont l'exploitation devrait débuter en 2023.

Dans son signalement, Boeing dit s'inquiéter à propos du réservoir de carburant arrière installé sous le plancher de la cabine passagers et intégré au fuselage. Cette configuration pourrait représenter un danger accru d'incendie en cas de hors-piste ou de défaillance du train d'atterrissage, fait valoir Boeing.

Cette remarque n'est pas forcément injustifiée. Par le passé, le même système avait déjà suscité une grosse résistance de la Federal Aviation Administration (FAA) quant au A340-500, rappelle le site du Journal de l'aviation.

«Mais l'agence jouait alors pleinement son rôle, alors que les interrogations d'un concurrent direct peuvent paraître pour le moins déplacées», ironise le site. D'autant plus venant de Boeing, dont le 737 MAX a été cloué au sol durant deux ans, et qui connaît à présent des incidents sur son Dreamliner 787.

Extra Long Range

L'initiative de Boeing illustre surtout la fébrilité du constructeur américain face à ce concurrent qui s'annonce comme un véritable rouleau compresseur. L'A321 XLR (pour «Extra Long Range») cumule déjà plus de 450 commandes depuis sa présentation au Salon du Bourget en 2019.

Avec son rayon d'action de 8.700 kilomètres, ce monocouloir est capable d'assurer des lignes jusque-là réservées aux long-courriers, tout en étant plus facile à remplir et donc plus rentable.

«La crise du Covid combinée aux difficultés du 737 MAX et au lancement de l'A321 XLR va porter la part de marché d'Airbus à 60% au moins», prédit dans Les Echos Rémy Bonnery, du cabinet de conseil français Archery.

Le créneau est pour l'instant laissé vacant par Boeing, qui patine dans le développement de son futur NMA, un appareil qui devait justement venir combler ce segment de gamme. Le programme n'en finit plus d'être reporté, le nouveau patron de Boeing David Calhoun s'étant concentré ces derniers temps sur le retour du 737 MAX.

En octobre 2020, le Wall Street Journal signalait que Boeing avait repris les discussions avec les compagnies aériennes pour un futur monocouloir long-courrier situé entre le 737 MAX et le 787.

Mais avec un investissement nécessaire estimé à plus de 10 milliards de dollars, le pari est risqué pour Boeing, qui a accusé en 2020 une perte record de 11,9 milliards de dollars (10 milliards d'euros). Dénigrer ses petits copains est une technique beaucoup moins coûteuse.

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