La calandre d'une Tesla Model Y à Budapest, le 5 septembre 2020. | Attila Kisbenedek / AFP
La calandre d'une Tesla Model Y à Budapest, le 5 septembre 2020. | Attila Kisbenedek / AFP

Tesla, un investissement à très haut risque?

Géant en bourse mais nain en production: pour nombre d'analystes, cette déconnexion est intenable.

Elon Musk est sans doute l'une des rares personnes au monde à passer une très bonne année 2020. Début février, l'action Tesla a décollé en bourse et son cours a quadruplé en quelques mois.

Depuis cet été, Tesla est le constructeur automobile qui dispose de la plus haute capitalisation boursière au monde. Après avoir franchi cette étape, le prix de son action a continué de grimper, pour désormais offrir à la firme une capitalisation boursière tournant autour des 200 milliards de dollars.

Mi-août, Tesla a fractionné ses actions en les divisant par cinq. Cela signifie que les parts sont moins chères, mais qu'il y en a plus. Ce split permet à l'entreprise de capter les investissements des traders amateurs, qui ont pullulé pendant le confinement. En juin, sur l'app Robinhood, 10.000 personnes achetaient des actions Tesla chaque heure.

Château de cartes

À rebours d'autres spécialistes à l'enthousiasme inébranlable, un nombre croissant d'analystes s'inquiètent toutefois de cette frénésie, jugée déconnectée de la réalité. D'après Le Monde, Tesla a vendu moins de 390.000 véhicules au cours des douze derniers mois, soit beaucoup moins que des constructeurs classiques plus stables comme Ford, Toyota ou PSA.

Pour David Trainer, PDG de l'entreprise d'analyse boursière New Constructs, «même si Tesla produisait 30 millions de véhicules en dix ans [...] en parvenant aux même marges que Toyota, qui est le constructeur le plus efficace du marché, le prix actuel des actions serait trop haut».

Pour lui, Tesla est l'«action la plus dangereuse de Wall Street» et «l'un des plus grands châteaux de cartes de l'histoire, prêt à tomber». En juin déjà, les analystes de la banque Morgan Stanley estimaient que la valeur de Tesla était largement surévaluée, expliquant que les traders tendaient à penser Tesla comme une entreprise tech, au même titre qu'Apple ou Uber.

Cette image a été entretenue par la société elle-même, qui s'appelait Tesla Motors jusqu'en 2017, avant de changer de nom pour faire tomber le «Motors» aux oubliettes.

Mais le business automobile comporte des risques et des obligations bien différentes de celles de la tech. Être un géant en bourse mais un nain en matière de production et de vente ne peut être éternellement tenable, en particulier lorsque d'éventuels profits se font de si haute lutte.

Elon Musk tweetait d'ailleurs lui-même le 1er mai que le prix des actions de sa firme était, à son goût, trop élevé. Un tweet après lequel le cours a rapidement dégringolé... avant de remonter tout aussi vite.

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