Une action est une parole: le capitalisme offre les outils du changement. | Zosia Korcz via Unsplash
Une action est une parole: le capitalisme offre les outils du changement. | Zosia Korcz via Unsplash

PETA devient actionnaire de Kering, Burberry ou encore Ralph Lauren

Profitant de la chute de la bourse, l'association investit: c'est de l'intérieur qu'elle défendra la cause animale.

Campagnes publicitaires chocs, pétitions en ligne, enquêtes viralisées sur les réseaux sociaux, lobbying politique... Les associations de défense des animaux utilisent l'intégralité des moyens de pression mis à leur disposition pour faire entendre leur voix auprès des marques et de leurs dirigeant·es.

L'une des plus fortes et célèbres d'entre elles, People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), ajoute à ces canaux classiques une tactique supplémentaire, subversive et médiatiquement bruyante: c'est de l'intérieur et en utilisant les outils du capitalisme qu'elle compte porter la cause vegan de ses membres.

En profitant de la pandémie et de la chute des cours boursiers provoquée par la mise à l'arrêt de l'économie mondiale, la branche américaine de l'association a ainsi acquis quelques titres de grands groupes, tels le géant français Kering (Balenciaga, Saint Laurent, Gucci...), Ralph Lauren, Guess ou Burberry.

Voix intérieure

S'il est peu probable que les finances de l'organisation lui aient permis d'acquérir de conséquentes parts de ces riches gâteaux, elle affirme néanmoins que ses participations sont suffisantes pour lui donner un accès aux assemblées d'actionnaires des différentes structures visées.

L'objectif affiché est de «pousser les marques à bannir la laine, le mohair et le cachemire», matières désastreuses à la fois pour les animaux exploités et brutalisés sans pitié comme pour l'environnement.

«Devenir actionnaire permettra à l'association d'encourager des grands groupes et enseignes, de Kering à Guess, à passer à des matières chics, écologiques et éthiques», précise Mathilde Dorbessan, responsables des relations avec les entreprises de la branche française de PETA, reprise par Fashion Network.

Ce n'est pas la première fois que l'institution procède de la sorte. «PETA achète fréquemment le nombre minimum d'actions nécessaires dans les entreprises du secteur de l'habillement pour pouvoir assister aux assemblées annuelles, être en liaison avec les actionnaires et influencer les décisions de la direction de l'intérieur», est-il ainsi expliqué sur son site.

Apparaît également la liste des marques dont elle possède désormais quelques pourcents, beaucoup étant d'éminentes actrices de la désastreuse industrie de la fast fashion: Urban Outfitters, Chico's FAS, Inc. Express, J.Jill, Deckers Outdoor Corporation, Tapestry, Inc., Aritzia, Lands' End, Under Armour ou Qurate Retail Group font ainsi partie de son portefeuille protestataire.

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