Des pots de pot. | Get Budding via Unsplash
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Fini de rire: le marché du cannabis s'effondre

Des fortunes étaient promises, elles sont en train de partir en fumée.

«La fête est finie pour l'industrie du cannabis», introduit brutalement un article du Wall Street Journal. Le business du chanvre drolatique, qui il y a quelques mois encore promettait monts et merveilles, connaît de premiers revers.

Mi-octobre, le producteur québécois Hexo a retiré ses prévisions financières pour l'année qui vient. La compagnie tablait sur un revenu net de 272 millions d'euros en 2020, mais ne devrait atteindre pour l'exercice en cours qu'une somme de 32 millions d'euros. L'optimisme n'est donc plus de mise et le cours de l'action a baissé de 38% à la suite de l'annonce, entraînant avec elle la plupart des entreprises du secteur.

Rigolade et dégringolade

Aux États-Unis, les remous d'un marché très à la peine ont eu la peau de la fusion entre MedMen Enterprises Inc. et PharmaCann, qui aurait donné naissance à une société valorisée à 700 millions d'euros.

MedMen cite notamment les chiffres donnés par le Horizons Marijuana Life Sciences Index, qui compile la valeur boursière des entreprises du secteur: elle a perdu plus de 50% en un an.

La crise se concentre surtout sur le Canada, où sont cotés la majorité des producteurs de marijuana. Le marché, qui a un temps rendu fous les venture capitalists, est dominé par cinq firmes dont la valorisation globale, calcule le Wall Street Journal, est passée de 36 milliards d'euros en septembre 2018 à 15,5 milliards d'euros en octobre 2019.

Fabricant de la bière Corona notamment, Constellation a parié en 2018 la somme faramineuse de 3,62 milliards d'euros sur le plus gros acteur du marché canadien, Canopy Growth. L'entreprise a dû, dans ses bilans, revoir la valeur de son investissement, qui ne représenterait désormais plus que 1,1 milliard d'euros.

Ce pessimisme ambiant et récent, explique le quotidien américain, tient à des ventes décevantes et à une production bien plus élevée que ce que le marché ne peut absorber, notamment du fait de la lenteur avec laquelle le gouvernement canadien accorde des licences légales aux distributeurs.

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