Amsterdam, ses canaux, ses musées, et sa tradition historique de la finance internationale. | Red Morley Hewitt via Unsplash
Amsterdam, ses canaux, ses musées, et sa tradition historique de la finance internationale. | Red Morley Hewitt via Unsplash

Comment Amsterdam a raflé la finance du Brexit au nez et à la barbe de Paris et Francfort

Plus ouverte, moins protectionniste, la capitale néerlandaise est privilégiée par les firmes fuyant la City.

Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, le secteur de la finance délaisse peu à peu la capitale britannique pour venir s'implanter sur le continent.

Mais alors que Francfort et Paris espéraient toutes deux rafler la plus grosse part du gâteau, c'est finalement Amsterdam qui semble être la grande gagnante de ce déménagement.

Selon l'agence Reuters, la capitale néerlandaise aurait capté un cinquième des 40 milliards d'euros du marché actions en Europe, alors que sa part atteignait à peine un dixième avant le Brexit.

Amsterdam dépasse désormais Londres comme premier lieu de cotation des entreprises en Europe, ainsi que sur le marché des swaps de taux d'intérêt libellés en euros (des produits financiers destinés à la couverture contre les variations de taux), estimés à 135.000 milliards d'euros en 2020.

La ville abritera également le marché européen de droits d'émission de carbone, d'une valeur d'un milliard d'euros par jour en volumes d'échange, lorsque l'Intercontinental Exchange (ICE) quittera Londres cette année.

«Amsterdam détient une vraie culture du trading, et être ici est très positif pour nous», confirme Robert Barnes, le PDG de la plate-forme de négociation d'actions Turquoise, qui a préféré la capitale néerlandaise à Paris pour son hub post-Brexit.

«Vous avez ici des grandes banques institutionnelles, des sociétés de négoce spécialisées, une communauté de vente au détail dynamique. Nous sommes aussi au cœur de l'Europe continentale», énumère le patron.

Protectionnisme

David Howson, le PDG de Cboe Europe, une bourse d'actions qui vient de s'installer à Amsterdam, ajoute que les Pays-Bas offrent des perspectives de croissance supérieure à celle de ses rivaux Paris et Francfort.

Le patron vante aussi l'usage de l'anglais plus universellement parlé dans la ville et une réglementation favorable aux investisseurs mondiaux «contrairement à la préférence de certains pays pour leurs entreprises nationales» –en filigrane, il pointe la légère tendance de Paris et de Francfort au protectionnisme et au favoritisme pour les fleurons nationaux.

Cette supériorité néerlandaise n'est pas le fruit du hasard. Déjà connue comme un petit paradis fiscal en Europe, les Pays-Bas ont encore assoupli leur législation, notamment une loi de 2015 limitant le salaire variable à 20% du salaire de base.

Et plutôt que de chercher à ratisser large comme ses rivaux, le pays s'est concentré sur les secteurs dont il pouvait tirer profit comme le courtage, le commerce et la fintech.

Paris n'a cependant pas à rougir de son activisme. Suite au Brexit, la France a sorti l'artillerie lourde avec de généreuses primes et exonérations fiscales à destination des impatriés, rappelle Challenges.

Bank of America, Goldman Sachs, Blackrock ou Citadel (l'un des plus gros gestionnaires d'actifs mondiaux) ont ainsi annoncé leur arrivée prochaine dans la capitale française.

Au total, plus de 2.000 entreprises financières devraient ainsi s'installer à Paris. Et la ville dispose d'un dernier argument massue: ses restaurants 3 étoiles, ses musées et ses ruelles romantiques. De gros clichés, certes, mais on n'attire pas les banquiers qu'avec de l'argent.

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