Et si Amazon prenait exemple sur ses concurrents Alibaba et JD.com? | Jezael Melgoza via Unsplash
Et si Amazon prenait exemple sur ses concurrents Alibaba et JD.com? | Jezael Melgoza via Unsplash

Avec le Covid-19, la Chine invente la main-d'œuvre en libre-service

Face à une demande grandissante, Alibaba et JD.com empruntent des salarié·es à la restauration.

Lorsque l'épidémie de Covid-19 a frappé la Chine en décembre, de nombreux commerces ont été contraints à la fermeture: restaurants, karaokés, services de transport... Leurs salarié·es se sont ainsi retrouvé·es sans emploi et sans certitude de retrouver une situation normale avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Mais là où les commerces de proximité chinois ont subi la crise, d'autres, en particulier les supermarchés en ligne, en sont sortis grandis et ont vu la demande exploser. Avec elle est survenu un grand besoin de main d'œuvre, afin de pouvoir assurer les préparations et les livraisons de commandes, raconte le média Abacus.

Les grandes chaînes de distribution ont alors sauté sur l'occasion et ont lancé des programmes de «partage d'employés». L'entreprise Freshippo, propriété du géant Alibaba spécialisée dans l'alimentation, a affirmé avoir employé des centaines de personnes qui travaillaient auparavant dans des restaurants ou des bars karaoké à Shanghai, Pékin et dans d'autres villes.

Même chose du côté de 7Fresh, succursale du groupe JD.com, qui s'est associée pour l'occasion à plusieurs restaurants. Ces programmes de «partage» autorisent officiellement les employé·es à appartenir à deux entreprises à la fois. Freshippo paye ainsi les personnes prêtées, qui sont toujours sous contrat avec leur employeur initial.

Le ministère chinois des ressources humaines et de la sécurité sociale a annoncé le mois dernier que l'employeur principal devait s'assurer que l'entreprise à qui il prêtait sa main d'œuvre versait bien les salaires et les prestations d'assurance sociale.

Un système prêt à être exporté

Avec la pandémie et les mesures de confinement prises un peu partout dans le monde, l'essor du commerce en ligne ne s'arrête pas aux frontières chinoises. Et ce système, un peu différent du plus traditionnel travail intérimaire, pourrait être repris en Occident.

Aux États-Unis, Amazon a annoncé être à la recherche de quelque 100.000 employé·es pour gérer la crise. Dans son communiqué, le groupe s'adresse en particulier aux personnes ayant perdu leur poste dans l'industrie hôtelière, les restaurants et les voyages.

«Nous voulons que ces personnes sachent que nous sommes prêts à les accueillir dans nos effectifs jusqu'à ce que les chosent reviennent à la normale et que leurs employeurs passés puissent les reprendre», a fait savoir Amazon.

Difficile, à ce stade, de savoir si un contrat à la chinoise est envisagé, ou même si ce système ne sera pas qu'un statut ultra-précaire de plus dans l'économie mondiale.

La Chine, d'ores et déjà satisfaite de cette idée de «partage», envisage d'y avoir recours, hors coronavirus, dans des occasions où la demande est plus forte, comme le Black Friday ou bien la Fête des célibataires.

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