Un écriteau indique la possibilité de paiement en e-CNY à Shangai le 8 mars 2021. | STR / AFP
Un écriteau indique la possibilité de paiement en e-CNY à Shangai le 8 mars 2021. | STR / AFP

e-CNY: la Chine prend de l'avance sur la monnaie numérique

Avec un yuan numérique émis par sa banque centrale, le pays fait figure de pionnier. Quitte à inquiéter ses rivaux.

Malgré la puissance commerciale de la Chine, sa monnaie, le yuan, reste très loin de pouvoir rivaliser en puissance et en influence avec celle de son rival américain, l'omniprésent dollar. Selon le Wall Street Journal, le dollar est utilisé dans 88% des échanges internationaux. Le yuan ne représente quant à lui que 4% de ces transactions.

Afin de rattraper son retard, la Chine a un plan: l'e-CNY, un yuan entièrement numérisé et contrôlé par la banque centrale du pays. Si l'Union Européenne et les États-Unis envisagent la création de tels dispositifs, la Chine dispose donc d'un coup d'avance, puisqu'elle l'expérimente déjà.

Le pays s'est lancé dès 2014 dans l'étude d'une potentielle monnaie numérique. À l'époque, contrairement aux occidentaux, Pékin s'inquiétait très sérieusement de la menace que pouvait représenter le bitcoin, explique Zhou Xiaochuan, gouverneur de la banque centrale chinoise de 2002 à 2018, au Wall Street Journal.

Ces derniers mois, plus de 100.000 personnes ont téléchargé une application permettant à la banque centrale de leur envoyer une petite somme pouvant être échangée dans certains commerces, dont Starbucks et McDonald's. Les e-CNY ont aussi été testés pour des transactions transfrontalières avec Hong Kong, où les yuans sont déjà largement utilisés.

Macro-économie et surveillance

Beijing aurait aussi, selon le WSJ, testé un système de monnaie à date d'expiration. Cela permet, par exemple lorsqu'une politique de relance est menée, de s'assurer que l'argent n'est pas épargné mais dépensé rapidement, et qu'il stimule directement l'économie.

Si les avantage macro-économiques restent à étudier, le potentiel de surveillance est quant à lui illimité: l'État peut contrôler et tracer lui-même toutes les transactions qui passent par sa banque centrale.

L'influence internationale d'une telle monnaie inquiète aussi l'occident. «Il y a une peur d'un phénomène à la Uber», explique au Wall Street Journal un haut fonctionnaire de la Banque centrale européenne.

De la même manière qu'Uber s'est répandu dans le monde comme une trainée de poudre en coupant l'herbe sous le pied des systèmes de taxis locaux, il est craint que l'e-CNY se mette à circuler en parallèle des monnaies nationales.

Cette monnaie pourrait en effet être attractive pour les migrants et migrantes souhaitant facilement envoyer de l'argent dans leur pays d'origine, ou les personnes ne disposant pas de compte dans une banque commerciale. Il pourrait même servir à certain pays à échapper aux sanctions et embargos américains ou européens.

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