Malgré les millions, quand ça ne passe pas, ça ne passe pas. | Gareth Harrison via Unsplash
Malgré les millions, quand ça ne passe pas, ça ne passe pas. | Gareth Harrison via Unsplash

De 1,2 millard à 1.000 euros, la chute vertigineuse d'une licorne chinoise

Quand la bulle éclate, les dégâts peuvent être importants.

La nouvelle bulle tech ne concerne pas que la Silicon Valley et les valorisations délirantes de Tesla. La Chine aussi voit quelques-uns de ses géants du numérique s'effondrer comme des châteaux de cartes, à l'instar de RenRenChe, une start-up de revente en ligne de voitures d'occasion créée en 2014.

Soutenue par Didi, Tencent, Goldman Sachs et plusieurs fonds de milliardaires de la tech chinoise, la start-up a connu des heures de gloire jusqu'en 2018, où elle était valorisée 1,2 milliard d'euros. Mais aujourd'hui, RenRenChe s'apprête à être vendue pour la somme dérisoire de 1.000 euros, rapporte Bloomberg.

Jusqu'en 2018, le marché de la voiture d'occasion était pourtant en pleine euphorie en Chine, avec une croissance à deux chiffres. Le volume des transactions atteignait ainsi 13,82 millions de véhicules en 2018, en augmentation de 11,5% sur un an, après une précédente année à +19,3% en 2017.

Les sociétés présentes sur ce marché se menaient une féroce concurrence. Elles ne lésinaient par sur les dépenses somptuaires, leurs prestigieux investisseurs faisant couler les millions comme d'indomptables torrents. On pouvait voir partout leurs campagnes de promotion qui, pour attirer la clientèle, faisaient appel à des stars d'Hollywood, tel Leonardo DiCaprio, ou aux icônes nationales comme Huang Bo et Sun Honglei.

La roue a commencé à tourner quand s'est déclarée la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. La bulle de la tech chinoise s'est considérablement dégonflée, les investisseurs devenant plus méfiants après des introductions en bourse ratées et des contre-performances notoires. En juin 2019, RenRenChe a annoncé le licenciement de 60% de son personnel, sur fond de ralentissement du marché de la voiture d'occasion.

Quand la bulle fait «plop!»

Un an et demi plus tard, le rêve chinois a viré au cauchemar. Une transaction serait en cours pour vendre la start-up à 58.com, un portail de petites annonces en ligne, pour à peine 10.000 dollars hongkongais (1.092 euros). Une somme non confirmée par RenRenChe, mais qui illustre la descente aux enfers de l'entreprise alors que ses créanciers commencent à perdre patience.

L'un d'entre eux, Argyle Street Management, réclame purement et simplement la liquidation judiciaire à un tribunal des îles Caïmans, où RenRenChe est enregistrée, au motif que l'entreprise n'a pas été en mesure de rembourser environ 15 millions de dollars de dettes, selon un dossier judiciaire consulté par Bloomberg.

Si la vente à 58.com aboutissait, «ce serait l'un des échecs les plus spectaculaires depuis le boom de l'internet en Chine», assène le média américain. Un écho aux dizaines de mini-bulles comme Mobile et Ofo dans le partage de vélos, qui ont laissé d'immenses cimetières de vélos usagés dans le sillage de leurs dégringolades.

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