Également concerné par cette entreprise de résurrection: le thylacine, ou loup de Tasmanie. | John Benitez via Unsplash
Également concerné par cette entreprise de résurrection: le thylacine, ou loup de Tasmanie. | John Benitez via Unsplash

La CIA investit dans une technologie permettant de faire revivre les mammouths

L'agence s'intéresse aux miracles de la génétique.

Essayons de ne pas trop penser à ce qui finit par se produire dans Jurassic Park et ses suites, et concentrons-nous sur la réalité. L'entreprise de biotechnologie Colossal Biosciences, basée à Dallas et pas du tout fictive, compte bien «voir le mammouth laineux faire de nouveau retentir son cri à travers la toundra». C'est en tout cas ce que déclarent ses fondateurs George Church et Ben Lamm, qui ambitionnent de faire revivre des espèces éteintes.

Parmi les investisseurs et investisseuses qui semblent également avoir envie d'entendre le cri du mammouth le soir au fond des bois, on compte Peter Thiel, cofondateur de PayPal, Paris Hilton, l'entreprise Winklevoss Capital –fondée par les frères Winklevoss, dont un bout du parcours est narré par David Fincher dans The Social Network– mais aussi... la CIA. Ou plutôt In-Q-Tel.

In-Q-Tel est un nouvel investisseur enregistré en tant que société de capital risque (SCR, c'est-à-dire que ses actionnaires sont des investisseurs en capital) à but non lucratif. Une entreprise fondée par la CIA, qui a déjà montré à plusieurs reprises un intérêt certain pour les biotechnologies et en particulier le séquençage de l'ADN, fait remarquer The Intercept.

Zombies

Chez Colossal Biosciences, on espère qu'un travail approfondi sur le séquençage de l'ADN permettra de ressusciter deux mammifères: le mammouth, donc, mais aussi le thylacine, également connu sous le nom de «loup de Tasmanie».

Dans un post de blog publié sur le site d'In-Q-Tel le 20 septembre, deux des têtes pensantes de la société justifient l'investissement effectué: «D'un point de vue stratégique, c'est moins une question de mammouths que de capacités.»

Autrement dit, In-Q-Tel (donc la CIA) a pour but premier de contribuer au développement d'une technologie pouvant servir à faire revivre des êtres morts. Les êtres en question, eux, importent moins. «Il est important pour toutes les facettes de notre gouvernement de développer [la biotechnologie et la bioéconomie] et de comprendre ce qui est de l'ordre du possible», explique Ben Lamm à The Intercept.

Colossal Biosciences utilise la technologie CRISPR: il s'agit de gene editing, dont la traduction française la plus courue est «ingénierie ciblée du génome». L'idée est de réécrire le matériel génétique de façon à en livrer une version aussi idéale que possible, comme on tenterait d'optimiser un programme informatique.

«Ce sont des ciseaux génétiques», résume Robert Klitzman, spécialiste en bioéthique à l'université Columbia et grand nom de l'ingénierie génétique. «Vous prenez l'ADN, qui est une chaîne de trois milliards de molécules de long, vous en ôtez des morceaux et vous les remplacez par d'autres. Vous pouvez faire sauter de mauvaises mutations et ajouter de bons gènes, mais ces ciseaux génétiques peuvent aussi enlever trop de choses.» Autrement dit: tout est possible, mais gare aux excès.

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