Infléchir les émissions de dioxyde de carbone nécessite 1.000 milliards de dollars annuels qui seraient financés à la fois par le public et le privé. | JC Gellidon via Unsplash
Infléchir les émissions de dioxyde de carbone nécessite 1.000 milliards de dollars annuels qui seraient financés à la fois par le public et le privé. | JC Gellidon via Unsplash

Climat: rien n'est perdu (mais ça coûtera cher)

Trois ans et des investissements massifs pourraient changer la donne.

Trois ans et autant de milliers de milliards de dollars pourraient inverser le cours des choses pour l'environnement, estime l'Agence Internationale de l'Énergie. Dans son World Energy Outlook annuel, que Bloomberg a pu consulter, l'institution constate que la crise du Covid-19 et la mise à l'arrêt d'une partie de l'économie mondiale a provoqué une baisse importante des émissions de CO2 au niveau global.

Une décrue qui pourrait n'être que temporaire si les investissements massifs annoncés par de nombreux gouvernements relancent une économie aussi énergivore que celle du monde d'avant.

Le montant des sommes que consacrent de nombreux États au redémarrage de l'économie pourraient en revanche, si elles étaient utilisées à bon escient, être mises au service d'une transition rapide et socialement positive vers des activités moins carbonées.

Selon l'AIE, l'avenir se trouverait transformé si le monde dans son ensemble profitait de cet instant si particulier de son histoire moderne pour investir 3.000 milliards de dollars [2.650 milliards d'euros] sur les trois années à venir, afin de verdir sa fourniture énergétique.

Action vertueuse

Les émissions de dioxyde de carbone respecteraient alors les mesures prévues pas les accords de Paris en 2015. «Le plan ferait de 2019 le pic définitif des émission globales, mettant le climat sur le chemin des objectifs à long terme qui lui ont été fixés», selon le rapport de l'AIE.

Ce choix politique bénéficierait à la fois aux économies nationales et au changement climatique: l'agence estime à 9 millions le nombre d'emplois susceptibles d'être créés par ce basculement vers le développement durable (efficience énergétique du bâti, solaire et éolien, véhicules électriques, industrie), avec un gain de 3,5 points de PIB en 2023.

Ces 1.000 milliards annuels, qui représentent 0,7% du PIB global pour une année, ne seraient pas seulement financés par gouvernements. Seuls 30% viendraient du public, soit 10% de ce qu'ont d'ores et déjà annoncé les États pour relancer leurs économies, selon les calculs de l'AIE. Le reste proviendrait du secteur privé, qui serait motivé à la transition par des politiques fiscales avantageuses ou des commandes publiques.

Les chiffres et données du rapport sont considérés comme «hautement irréalistes» par Brian O'Callaghan, chercheur à l'université d'Oxford, mais sont bien accueillis par d'autres analystes du secteur. Si cet optimisme de l'AIE peut effectivement être criticable, il n'en montre pas moins un début de chemin pratiquable vers des choix plus respectueux de l'environnement, dont les gouvernements qui réfléchissent aux prochaines mesures de relance pourraient s'inspirer.

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