Le marché du jeu vidéo en pleine reconfiguration. | Sean Whelan via Unsplash
Le marché du jeu vidéo en pleine reconfiguration. | Sean Whelan via Unsplash

«Cloud gaming»: adieu consoles, bonjour streaming

Microsoft, Sony et Nintendo règnent sur le jeu vidéo. Mais avec l’avènement du «cloud gaming», d’autres acteurs espèrent se faire une place –en premier lieu Google, avec ton très impressionnant Stadia.

[Mise à jour du 20 mars avec les détails de Stadia, le très attendu projet présenté par Google.]

Le pré carré du jeu vidéo devrait s'ouvrir dans peu de temps. Aujourd’hui, pour pouvoir jouer –sans compter le cas particulier des smartphones– les gamers ont le choix entre les quatre plateformes qui ont le vent en poupe. Un PC, souvent sous Windows, la PS4 de Sony, la Xbox de Microsoft et la Switch de Nintendo. Cela fait près de vingt ans que ces trois sociétés dominent très largement le marché.

Mais ce règne pourrait bien être sur le point de prendre fin: les gamers, à l'avenir, n'auront plus besoin d'une machine puissante à la maison ou dans leur poche pour s'adonner à leur passion. Seuls un abonnement et un écran suffiront: des machines distantes, mises à jour régulièrement, feront tourner les jeux dans le «nuage», terme poétique pour désigner les immenses data centers über-polluants.

Ainsi, tout le travail de traction se trouvera externalisé: les joueurs et joueuses s'adonneront à leur passion via le streaming. De nombreuses entreprises espèrent se faufiler dans ce nouvel interstice, annoncé un peu partout comme l’avenir du jeu vidéo, pour devancer les leaders historiques, afin d'éviter qu'ils occupent toute la place.

Les GAFA, toujours dans les bon coups

En tête, Google a annoncé avec grand bruit sa plateforme Stadia lors de la Game Developers Conference. La «petite» entreprise de Moutain View a déjà fait parler d'elle au sujet du cloud gaming avec «Project Stream», une expérience au cours de laquelle les participantes et participants avaient le loisir de jouer au dernier Assassin’s Creed, via un simple onglet Chrome: c'est sur ces bases que Stadia a été bâti. On ignore encore le modèle commercial exact et le catalogue de la plateforme, mais dont démonstration technique a épaté pas mal de gamers.

Une fois n'est pas coutume, Stadia n'usurpera pas le qualificatif de «Netflix du jeu vidéo» qu'il est tentant de lui offrir. Un joueur pourra, d'un clic de souris et armé d'une manette spéciale –seule annonce matérielle de Google– lancer une partie d'un blockbuster du jeu vidéo sur n'importe lequel de ses écrans, tablette, téléphone, TV via Chromecast, laptop ou ordinateur fixe. Il pourra, tout aussi simplement, passer à l'envi d'une plateforme à l'autre, voire passer le relais à un ou une camarade.

Si rien n'est dit sur la robustesse de la connexion internet requise pour faire tourner à distance ces jeux gourmands en ressources, Google promet que Strada proposera à ses abonnées et abonnés une expérience fluide en haute résolution (60 images par secondes et 4k voire 8k, HDR inclus): chez Sony, Microsoft ou Nintendo, quelques grimaces et un peu de frayeur ont dû s'afficher sur les visages.

Au nombre des ambitieux, on compte, en vrac: un éditeur de jeux vidéos, EA Games, et son Projet Atlas; le fabriquant de carte graphiques NVidia (son Nvidia Now, déjà opérationnel, compte 1 millions de personnes sur liste d'attente); un fournisseur d’accès internet, Verizon, via Verizon Gaming; une alliance entre le conglomérat chinois Tencent et le fabricant de micro-processeurs Intel, avec Tencent Instant Play et d'autres projets plus modestes. Coté français, Blade et son Shadow promettent déjà un PC gamer par abonnement.

En plus de tous ces projets confirmés, des bruits de couloirs évoquent deux autres géants. L'entreprise Amazon est fortement soupçonnée de vouloir créer un service de cloud gaming, une évolution logique pour la société qui détient déjà Twitch.

Autre mastodonte: des rumeurs prêtent à Apple la volonté d’ouvrir son service. Un choix qui pourrait étonner: les produits de la firme de Cupertino n’ont jamais été très gamer-friendly –mais ce serait oublier que l'iPhone a bouleversé le marché du jeu sur mobile et que l’entreprise, en pleine expansion, cherche à se développer dans des domaines inconnus, puisqu’elle va bientôt se lancer dans la vidéo à la demande.

Rester sur le trône

Toutefois, les leaders déjà en place ne comptent pas se laisser damer le pion sans rien dire. Cette semaine, Microsoft a décidé de voler la vedette à Google en faisant la première démonstration live de Project xCloud, son service de cloud gaming maison. Le service semble déjà opérationnel puisque lors de cette démonstration, le très gourmand jeu de course «Forza Horizon 4» tournait sur un téléphone avec une manette de Xbox One. Les premiers tests publics devraient avoir lieu dès cette année.

PlayStation dispose déjà d’un service appelé PlayStation Now, mais qui ne propose plus que quelques jeux, et pas les plus récents –à voir si Sony préférera développer cette offre, en lancer une toute autre ou se trouver une alliance stratégique.

Nintendo, quant à elle, a également trempé les orteils dans le cloud, en proposant quelques jeux en cloud gaming, mais directement sur la Switch. Pour les Japonais, l'enjeu réside plus dans la puissance et la connectivité, car leur console principale est déjà portable.

Cette course aux nuages pose néanmoins, en l'état, quelques défis. Premièrement, tout les gamers ne disposent pas d’une connexion internet suffisante pour pouvoir streamer efficacement un jeu vidéo. Par ailleurs, l’avantage de la situation actuelle tient au catalogue partagé de la Xbox et de la Playstation.

Seules quelques exclusivités sont disponibles uniquement sur l’une ou l’autre plateforme. La multiplication des services pourrait donc aussi voir proliférer les exclus, ce qui forcerait les joueurs et les joueuses à prendre plusieurs abonnements en fonction des différentes offres s'ils veulent avoir accès à tous les jeux –surtout si, comme EA, les éditeurs se mettent à proposer leurs propres plateformes.

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