On les surnomme «les sorcières de Wall Street». | Joseph Chan via Unsplash
On les surnomme «les sorcières de Wall Street». | Joseph Chan via Unsplash

L'histoire du club de grands-mères devenues gloires du trading

Des mamies boursicoteuses peuvent-elles damer le pion aux meilleurs investisseurs?

C'est le genre de légende à laquelle on a envie de croire, quand bien même elle a été en grande partie enjolivée. Celle de mamies ordinaires devenues riches et célèbres grâce à la bourse, sans rien connaître à la finance.

L'histoire, relatée par le site The Hustle, démarre dans les années 1980. Betty Sinnock, une banquière à le retraite de la petite ville de Beardstown au cœur du Midwest américain, nourrit un intérêt pour la bourse mais ne dispose pas des fonds nécessaires. Elle regroupe plusieurs autres retraitées du coin pour former un club d'investissement.

Chacune doit apporter 100 dollars et payer une cotisation mensuelle de 25 dollars. Le club comprendra seize membres, dont la plupart n'ont jamais lu un bilan d'entreprise ou entendu parler du ratio prix-bénéfice.

Les seize mamies se fient à des critères «de bon sens», en misant sur des entreprises qu'elles estiment sous-cotées, peu endettées, et avec une solide croissance. Leurs choix s'appuye aussi parfois sur des éléments moins rationnels: «Elle vont par exemple acheter des actions du fabricant de chaussures Wolverine Worldwide, simplement parce qu'elles appréciaient leurs bottes», raconte The Hustle.

Peu à peu, le club s'enrichit. Au début des années 1990, leur somme de départ (1.600 dollars) a gonflé pour atteindre les 80.000 dollars. L'histoire de vieilles dames devenues championnes de la bourse étant bien trop belle pour ne pas attirer l'attention, les médias s'en emparent.

Best-seller et petits arrangements

En 1991, CBS leur consacre un reportage, affirmant que le retour sur investissement annuel du club est de 23,4%, soit plus du double de l'indice S&P 500. La légende est lancée et un éditeur leur propose de faire un livre afin de promouvoir leur méthode d'investissment «de bon sens». Il devient rapidement un best-seller et trône trois mois en tête du classement du New York Times. On les surnomme «les sorcières de Wall Street».

Ce tapage médiatique finit tout de même par agacer certains, qui flairent la supercherie. Plusieurs articles révèlent que les gains réels sont bien en deçà de ceux affirmés. Un audit indépendant va montrer que le rendement annuel est en réalité de 9,1%, soit inférieur à celui du S&P 500 (14,9%).

Les vieilles dames ont beau plaider une erreur dans leur comptes, les médias retournent leur veste et elles se retrouvent traitées de menteuses et vouées aux gémonies. L'éditeur du livre est condamné à payer 17 millions de dollars, puis le club des Beardstown Ladies finit par tomber dans l'oubli.

Cette histoire a tout de même eu une réelle influence sur la société américaine. Entre 1983 (année de formation du club) et 1997, le nombre de clubs d'investisseurs aux États-Unis est passé de 7.000 à 28.000, et en 1997, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à investir en bourse. Le club des Beardstown Ladies existe d'ailleurs toujours. Aux dernières nouvelles, son portefeuille dépasse les 500.000 dollars (environ 415.000 euros).

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