Que vous le vouliez ou non, la 5G s'installe déjà en France. | Éric Piermont / AFP
Que vous le vouliez ou non, la 5G s'installe déjà en France. | Éric Piermont / AFP

Comment l'État veut empêcher les opérateurs de se ruiner pour la 5G

Tout comprendre sur le complexe processus d'enchères sur les fréquences.

Remplir les caisses de l'État sans ruiner les opérateurs, tel est l'équilibre délicat recherché par les enchères pour l'attribution des fréquences de la 5G, qui ont démarré ce mardi 29 septembre, sous la supervision de l'Arcep.

Ce matin, 11 blocs de 10 MHz, situés entre 3,4 et 3,8 GHz, sont mis aux enchères par l'État. Prix de départ d'un de ces blocs: 70 millions d'euros. Orange, Bouygues, SFR et Free sont sur le pied de guerre.

C'est un dilemme pour les opérateurs. Ils ont intérêt à acquérir le maximum de blocs de fréquence, mais plus ils paieront cher, moins ils auront d'argent à investir dans les nouvelles infrastructures de la 5G. Même chose du côté de l'État, qui souhaite en tirer un bon prix sans pour autant pénaliser le déploiement de la technologie.

Comme le rappellent les Échos, les opérateurs ont payé très cher en Italie et en Allemagne pour les fréquences –environ 6,5 milliards au total dans chaque pays–, ce qui a limité leur capacité à investir dans la couverture 5G.

Pour éviter une telle flambée des prix, quatre blocs de 50 Mhz ont déjà été vendus aux opérateurs sans enchères, pour un montant fixe de 350 millions d'euros chacun, soit un total de 1,4 milliard d'euros de gains pour l'État. Restent les 11 blocs de 10 MHz chacun.

L'important, c'est les valeurs

Cette méthode vise aussi à contenir les prix: en Italie, la présence de blocs de différentes tailles a fait grimper l'addition sur les plus gros. En France, ils devraient rapporter au moins 770 millions d'euros à l'État, qui est donc assuré de remporter un minimum de 2,17 milliards d'euros au terme du processus.

«Chaque bloc est mis à prix à 70 millions d'euros. À ce tarif, chaque opérateur doit dire combien de blocs il s'engage à acquérir: 1, 2, 3, 4 ou 5. [...] Si la demande est supérieure à l'offre, le prix unitaire est augmenté de 5 millions d'euros. Et l'enchère part pour un nouveau tour», expliquent les Échos.

Les choses se compliquent alors quelque peu. Chaque opérateur est informé du nombre de blocs demandé par ses concurrents, afin de pouvoir ajuster sa stratégie. S'il demande moins de blocs au nouveau prix, il peut proposer un «prix intermédiaire» auquel il envisage d'acquérir plus de blocs (s'il en veut 3 pour 70 millions l'unité, il dit être prêt à en prendre 4 pour 65 millions l'unité, par exemple).

Chaque journée d'enchères peut comporter jusqu'à huit tours. Le processus prendra fin dès que les demandes additionnées des opérateurs correspondront au nombre de blocs (11) –par exemple si Free en veut 2 et que Orange, SFR et Bouygues en désirent 3 chacun. «Le prix définitif est égal au premier “prix intermédiaire” permettant d'attribuer tous les lots», précisent les Échos. Les jeux sont faits, rien ne va plus.

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