Un datacenter à Saint-Ouen-l'Aumône, en France, le 9 juillet 2021. | Alain Jocard / AFP
Un datacenter à Saint-Ouen-l'Aumône, en France, le 9 juillet 2021. | Alain Jocard / AFP

Comment les GAFA engrangent des millions de subventions avec leurs datacenters

Certains projets représentent un coût de 3 millions de dollars par emploi créé.

Non contents d'être des champions de l'évasion fiscale, les géants de la tech sont aussi particulièrement doués pour siphonner des subventions publiques.

Aux États-Unis, les gouvernements locaux accordent chaque année des millions de dollars d'allègements fiscaux pour persuader les centres de données de s'implanter sur leur territoire. Mais ces accords sont entachés d'une curieuse opacité et s'avèrent surtout extraordinairement coûteux, révèle une enquête du magazine Forbes.

La plupart du temps, Google et consorts se cachent derrière des sociétés fictives pour réclamer des allègements fiscaux. Selon eux, l'anonymat permet de préserver le secret commercial et les protègent de «risques potentiels de sécurité». Mais cet anonymat a aussi pour but de retarder l'opposition des habitants préoccupés par l'impact environnemental colossal de ces centres de données très gourmands en eau et en énergie. Ils consomment déjà 1,15% de l'électricité mondiale, et leur consommation devrait encore croître de 20% d'ici 2030.

Aussi, accorder ouvertement des incitations fiscales à ces entreprises richissimes peut faire mauvais genre. Les sociétés cherchent à se faire le plus discrètes possible. Amazon va même jusqu'à faire porter des badges avec un faux nom d'entreprise à ses employés sur un site de Virginie, selon un document dévoilé par Wikileaks en 2018. Sur d'autres sites, elle utilise des filiales ou des contrats de location avec des sociétés sous-traitantes afin de masquer son identité.

811 millions depuis 2015

Outre le manque de transparence, les contrats passés entre les sociétés tech et les municipalités s'avèrent surtout complètement disproportionnés. Forbes cite le cas d'un datacenter implanté à Columbus, dans l'Ohio, qui devrait employer à terme vingt personnes et qui a bénéficié d'un allègement fiscal de 54 millions de dollars. Soit… 2,7 millions de dollars par emploi créé!

En se penchant sur trente projets de datacenters aux États-Unis et en menant des dizaines d'entretiens, Forbes a calculé que 811 millions de dollars d'allégements fiscaux ont été accordés depuis 2015, avec, en moyenne, un coût d'un million de dollars par emploi créé.

Par comparaison, les constructeurs automobiles reçoivent généralement environ 100.000 dollars de réduction d'impôts par emploi. Certains projets sont encore plus coûteux. En 2018, Facebook, caché derrière le nom Stadion LLC, a négocié une ristourne de 150 millions de dollars pour un centre à Eagle Mountain (Utah) avec cinquante emplois à la clé, soit 3 millions de dollars par emploi.

Profitant de ces généreuses subventions et de l'essor exponentiel du cloud, les datacenters poussent comme des champignons aux États-Unis. Grâce à ses plus de 2.700 centres, le pays dispose ainsi d'un avantage stratégique sur ses concurrents, comme la Chine, qui en dispose de six fois moins.

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