Des cartes cadeaux sur un présentoir Walmart à Los Angeles, en 2007. | Roby Beck / AFP
Des cartes cadeaux sur un présentoir Walmart à Los Angeles, en 2007. | Roby Beck / AFP

Les cartes cadeaux, une opération tout bénef' pour les entreprises

Lorsqu'elles ne sont pas utilisées, ces cartes reviennent à offrir de l'argent aux grandes chaînes de magasins.

Vêtements, bouquins, électronique: ces grands classiques déposés au pied des sapins occupent les seconde, troisième et quatrième place des cadeaux de Noël préférés des Américain·es.

Tous ces présents sont néanmoins éclipsés par les cartes cadeaux, plébiscitées par 59% des personnes interrogées par la National Retail Federation. Il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau: c'est la treizième année d'affilée qu'elles se retrouvent en haut du podium.

En 2019, 171,5 milliards de dollars [154 milliards d'euros] auraient été dépensés aux États-Unis pour des cartes cadeaux, contre 166,7 milliards l'année précédente. Une excellente nouvelle pour les entreprises qui les émettent: lorsque les bénéficiaires ne s'en servent pas, et le cas n'est pas rare, cela équivaut quasiment pour elles à imprimer de l'argent gratuit.

De fait, ces petits rectangles en plastique sont facilement oubliés, perdus, ou partiellement utilisés: 10% à 19% des crédits de toutes les cartes cadeaux ne seraient ainsi jamais consommés, si bien que certaines entreprises engrangent des dizaines de millions lors de leur vente sans jamais rien donner en échange.

Tour de passe-passe comptable

Dans le bilan d'une société, les montants des cartes non utilisées sont comptabilisés comme du passif. Ces sommes peuvent être très importantes: en 2018, elles représentaient 1,9 milliard de dollar pour Walmart et 2,8 milliards de dollars pour Amazon.

Outre-Atlantique, après une durée allant de 6 à 24 mois selon les États, une partie de ces sommes peuvent depuis 2018 changer de case pour devenir des breakage incomes, les revenus que les entreprises estiment ne jamais avoir à débourser pour les cartes cadeaux, soit des bénéfices accumulés sans contrepartie.

Pour donner un ordre de grandeur de ces gains, le média Hustle a calculé qu'en 2017, ils représentaient pour Starbucks l'équivalent de 57 millions de tasses de cafés que la chaîne n'a jamais versées (105 millions de dollars de breakage income). Pour Best Buy, c'est 148.000 télévisions non achetées (37 millions de dollars) et pour Dunkin' 22 millions de donuts non ingérés (22 millions de dollars).

Cet argent gratuit n'est même pas le meilleur des cas de figure pour les sociétés émettrices de cartes cadeaux, puisque lorsqu'elles sont utilisées plutôt qu'oubliées, la grande majorité des bénéficiaires ont tendance à dépenser davantage que le montant de la carte.

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