Le PDG d’Uber Dara Khosrowshahi au Concordia Annual Summit à New York, en septembre 2019. | Riccardo Savi / AFP

Le PDG d’Uber Dara Khosrowshahi au Concordia Annual Summit à New York, en septembre 2019. | Riccardo Savi / AFP

Le PDG d'Uber veut protéger ses chauffeurs, à condition de n'avoir rien à payer

Dara Khosrowshahi compte sur l'argent public.

Certaines des professions les plus durement touchées par l'épidémie de coronavirus sont celles des indépendant·es qui travaillent pour le compte de start-ups comme Uber ou Deliveroo.

Pas parce que ces personnes ne peuvent plus travailler, mais parce que les VTC sont forcés de le faire, sans garantie de protection. Contrairement à ce que ces entreprises assurent souvent, beaucoup de chauffeurs et livreuses travaillent pour elles à plein temps et sont dépendant·es de ces revenus.

Pendant l'épidémie, leur choix est donc de rester au foyer et perdre leurs revenus ou travailler et prendre le risque chaque jour d'être au contact de dizaines de personnes possiblement contaminées, le tout sans possibilité de chômage partiel ni d'arrêt maladie.

Conscient du problème, le PDG d'Uber Dara Khosrowshahi a estimé qu'il était nécessaire de prendre des mesures pour mieux protéger son personnel. Dans une lettre à la Maison-Blanche, il a ainsi écrit: «Ma plus grande responsabilité face à ce défi économique sans précédent est vis-à-vis des millions de personnes qui conduisent et livrent via notre plateforme.»

Prime aux mauvais élèves

Malgré cette «responsabilité» reconnue, Uber ne compte pas débourser un centime pour soutenir ces indépendant·es. À la place, elle propose qu'une partie du fonds d'aide de 500 milliards de dollars prévu par Donald Trump pour soutenir l'économie leur soit reversé.

Cette demande intervient alors que l'opposition démocrate s'inquiète du fait que le fonds en question ressemble à une «caisse noire», dont les contreparties apparaissent bien trop floues. La proposition de loi actuelle donne beaucoup de liberté au département du Trésor pour l'allocation des sommes mises à disposition, et n'impose que peu de transparence quant à leurs destinataires.

L'opposition a peur qu'il se transforme ainsi en chèque en blanc à des entreprises dont la mauvaise conduite a aggravé la crise, sans garantie que cet argent ne servira pas à répéter ces mêmes erreurs.

Khosrowshahi va même plus loin en estimant que les personnes qui travaillent pour son entreprise ont besoin d'«un filet de sécurité» à l'avenir, en lançant l'assertion: «Nos lois devraient protéger tout le monde.» Pas question pour autant de considérer le personnel d'Uber comme des salarié·es, afin de ne pas nuire à la flexibilité de ce type d'emplois. Ce filet serait donc aussi financé par l'État.

Uber demande, tout simplement, que les personnes indispensables à leurs affaires bénéficient d'acquis sociaux, mais que ceux-ci ne soient financés que par l'argent public. La firme crée ainsi une forme d'employé·es dont l'employeur se cache derrière les commissions qu'il empoche.

Le plan de sauvetage voté le 24 mars par la législation américaine incluant la «gig economy», soit l'économie des petits jobs, dans l'appui financier qu'elle prévoit pour les sans emploi lors de la crise, il semble que Dara Khosrowshahi ait réussi à se faire entendre.

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