Les premiers brins de cette pelouse géorgienne sont arrivés au Qatar en 2014. | Sandro Schuh via Unsplash
Les premiers brins de cette pelouse géorgienne sont arrivés au Qatar en 2014. | Sandro Schuh via Unsplash

Des États-Unis jusqu'au Qatar, le long voyage du gazon de la Coupe du monde

Cela représente 138 tonnes de pelouse synthétique.

Selon les spécialistes du ballon rond, le gazon parfait est d'un vert intense et d'une hauteur de 23 millimètres, celle-ci permettant aux joueurs et aux joueuses de développer leur jeu à pleine vitesse. Et pour les organisateurs de la Coupe du monde masculine 2022, le plus parfait des gazons parfaits vient de l'État américain de Géorgie, où il est développé par la société Atlas Turf International.

Comme l'explique Quartz, cette entreprise a en effet été chargée par le Qatar d'équiper huit stades et quatre-vingt-un terrains d'entraînement en y installant le Platinum TE Paspalum, sa pelouse star, cultivée dans le sud-est des États-Unis. Une lourde responsabilité, indique le PDG John Holmes –dont il faut préciser qu'il n'est qu'un homonyme de la star du cinéma X jadis incarnée à l'écran par Val Kilmer.

«C'est éprouvant pour les nerfs», confie le patron, qui craint en permanence que son gazon ne soit pas à la hauteur de l'événement –ce qui constituerait la pire des publicités. Mais son appréhension ne s'arrête pas là: car fournir un terrain de mauvaise qualité, c'est contribuer à augmenter le risque qu'un joueur se blesse.

Pour se rassurer, John Holmes scrute les matchs de près. Il vérifie que son précieux gazon ne s'abîme pas, que la zone devant les buts –l'une des plus maltraitées– tient bien le coup et que les coins du terrain ne sont pas en train de se dessécher –ce sont les zones les moins ensoleillées, donc les plus difficiles à maintenir en bon état. Pour le moment, ses pelouses tiennent bon. Et puisque le tournoi est en passe de s'achever, cela devrait être le cas jusqu'au bout.

Un sacré défi

La bonne santé du Platinum TE Paspalum après un mois de compétition constitue évidemment une excellente nouvelle pour Atlas Turf International, d'autant que ce gazon est vendu comme le revêtement du futur: c'est l'un de ceux qui nécessitent le moins d'eau (25% à 30% de moins que la moyenne) et qui émettent le moins de carbone.

Le challenge était d'autant plus tétanisant que les conditions météorologiques rendaient la mission plus compliquée que la moyenne. En raison des hautes températures, les stades qataris ont en effet été construits de façon à créer autant d'ombre que possible à l'intérieur des enceintes, ce qui est profitable pour les joueurs et le public, mais moins pour la photosynthèse. Quant aux déplacements d'air, ils sont rarissimes.

Le Platinum TE Paspalum a justement été choisi pour sa résistance aux conditions extrêmes. Eau salée, air stagnant, lumière insuffisante: sur le papier, il supporte tout et même pire. Mis au point par un expert nommé Ron Duncan, qui a développé son savoir-faire au sein de l'université de Géorgie, il est officiellement né en 2007.

C'est à Adel, une ville de 5.000 âmes située à 300 kilomètres au sud d'Atlanta, que grandit ce gazon foulé par Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et les autres. Après trois mois de pousse, les brins destinés au Qatar y ont été récoltés, lavés, empaquetés puis envoyés à Doha par voie maritime, dans des containers réfrigérés.

Les premières expéditions ont été effectuées dès 2014, à destination du stade Al-Rayyan. Depuis, ce sont pas moins de 138 tonnes de pelouse qui ont été envoyées vers les différents terrains de la Coupe du monde.

Greffons

Les brins n'ont pas immédiatement été installés dans les stades auxquels ils sont destinés: à leur arrivée sur place, ils ont d'abord été plantés sur des surfaces dédiées, à proximité des stades. Leur développement poursuivi, et une fois qu'ils formaient un gazon compact, des bandes de pelouse ont été découpées, roulées, puis transférées vers les terrains définitifs.

Le gazon a beau être plutôt écolo en lui-même, ce n'est hélas pas le cas des conditions mises en place par l'organisateur qatari pour le préserver jusqu'à la fin du tournoi, regrette Quartz: d'importants systèmes de climatisation permettent d'assurer un minimum de circulation de l'air et il faut chaque jour environ 8.300 litres d'eau pour l'arroser. Un chiffre hivernal qu'il va falloir multiplier par cinq lorsqu'arrivera l'été.

L'eau nécessaire à l'arrosage est par ailleurs obtenue par désalinisation, un procédé dont l'empreinte carbone est absolument désastreuse. Preuve que ce gazon-là, aussi vert puisse-t-il paraître, ne l'est réellement qu'en surface.

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