Le réacheminement du produit contribue aux émissions de gaz à effet de serre. | Bernd Wuestneck / AFP

 

Le réacheminement du produit contribue aux émissions de gaz à effet de serre. | Bernd Wuestneck / AFP

 

Le coût environnemental caché des retours de cadeaux de Noël

Le 2 janvier est la journée nationale des retours de cadeaux aux États-Unis.

Durant tout le mois de janvier, des millions d'Américain·es vont se diriger vers les bureaux de poste, pull trop petit sous le bras et cadeaux ratés en main.

Dans une enquête publiée par la National Retail Federation, plus de la moitié (55%) des personnes interrogées ont déclaré qu'elles prévoyaient de retourner certains cadeaux des fêtes de fin d'année dans le mois suivant leur réception. Pour la seule journée du 2 janvier, UPS traite près de 1,9 million de retours.

Mais ces retours, entre autres démocratisés par la gratuité, ne sont pas sans conséquence pour l'environnement. D'un côté, le réacheminement du produit contribue aux émissions de gaz à effet de serre –jusqu'à 25% des émissions totales des e-commerçants; de l'autre, il y a de fortes chances que la marchandise retournée finisse dans une décharge.

«Nos données montrent que 88% des consommateurs pensent que les retours reviennent directement sur l'étagère et sont revendus au prochain consommateur», indique Ann Starodaj, responsable du développement durable chez Optoro, une société qui aide les détaillants américains à traiter les retours. «En réalité, la majorité de ces articles ne peuvent pas être revendus comme neufs.»

La valeur du produit est parfois si faible qu'il est tout simplement moins coûteux de le jeter que de gérer la logistique de la revente.

Selon cette même société, les Américain·es retourneraient près de 3,5 milliards de produits chaque année, dont plus de 2.000 tonnes finiront leurs jours à la décharge. Ces derniers rejetteraient à eux seuls près de 15 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

Mieux décrire pour moins jeter

Un article du Guardian se prête à imaginer quelques solutions pour éviter ce gaspillage. Les entreprises peuvent ainsi minimiser les emballages, proposer des descriptions plus claires des produits ou utiliser la réalité virtuelle pour aider la clientèle à se projeter.

Mieux décrire pour moins jeter, c'est la nouvelle tendance qui se dessine. Par exemple, certaines entreprises de prêt-à-porter font désormais appel à la technique TrueFit pour aider les consommateurs à choisir avec plus de précision leur taille.

Car au beau milieu de ces décharges, ce sont les vêtements achetés en ligne que l'on trouve le plus. Avec près de 40% d'entre eux renvoyés, la chambre est la nouvelle cabine d'essayage.

Pour autant, mettre un terme à cette politique de retour gratuit semble difficilement imaginable pour des entreprises soumises à une féroce concurrence en ligne.

«Selon nos recherches, 97% des consommateurs affirment qu'une expérience de retour positive les encouragera à acheter à nouveau chez ce détaillant», ajoute Ann Starodaj.

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