Une passagère italienne, masquée et prête à embarquer. | Filippo Monteforte / AFP
Une passagère italienne, masquée et prête à embarquer. | Filippo Monteforte / AFP

Les avions volent à nouveau. Faut-il embarquer?

Durement touché, le secteur aérien peine à se mettre d'accord sur les mesures sanitaires à prendre.

Après avoir passé des mois cloués au sol, mettant le secteur du transport aérien à genoux, les avions vont recommencer à décoller dans la plupart des pays d'ici à début juillet. Mais l'inquiétude règne: y a-t-il de plus gros risques d'attraper ou de transmettre le Covid-19 en vol?

Les compagnies aériennes vont devoir répondre aux questions et proposer des réponses convaincantes, au risque de voir les touristes abandonner l'avion –un scénario catastrophe, car la crise sanitaire aurait entraîné un manque à gagner de 225 milliards d'euros pour les compagnies.

Les risques principaux posés par les avions sont finalement les mêmes que ceux des transports en commun: la proximité des personnes durant un certain temps et le fait que toutes touchent les même surfaces. Il va être très difficile de mettre en place des mesures –et surtout d'évaluer leur efficacité– dans les rangées exiguës des cabines.

Les mesures de bases préconisées par l'Association internationale du transport aérien (IATA) semblent appliquées à peu près partout: prendre la température corporelle, utiliser les contrôles biométriques pour faciliter les enregistrements, déposer les bagages aux bornes automatiques, fournir des masques pour les passagèr·es et l'équipage. Mais sur le reste, les contrôles et les recommandations varient déjà énormément.

Toilettes sur demande et filtres HEPA

Faut-il laisser la place du milieu libre pour permettre une distanciation sociale entre les gens? Delta Airlines a décidé que oui, mais pour d'autres, la mesures serait inutile. «Vous ne pouvez pas être à deux mètres de distance dans un avion, place du milieu ou non», affirme Scott Kirby, le directeur de United Airlines, auprès du New York Times. «Ce qui rend les avions sûrs, ce sont les filtres à air HEPA qui recyclent l'air toutes les deux ou trois minutes, le fait de porter un masque à bord, et nettoyer l'avion.»

Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise low cost, refuse par exemple de s'interdire le siège du milieu. La plupart de ses vols reprendront le 1er juillet avec des mesures atypiques comme l'interdiction de faire la queue pour les toilettes. «L'accès aux toilettes sera possible pour les passagers individuellement et sur demande», est-il ainsi expliqué.

Quant aux tests, d'Abou Dabi à Séoul en passant par Hong Kong et Tel-Aviv, pas un seul aéroport n'offre la même procédure de vérification de la température ou de détection du Covid-19.

Puisqu'il est impossible de garantir à 100% qu'on ne se fera pas contaminer pendant un vol, le docteur Joshua Schiffer, médecin spécialisé dans les maladies infectieuses au centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson à Seattle, résume le dilemme: «J'espère qu'il y aura des informations accessibles au public sur les risques par destination, afin que les gens puissent choisir leur compagnie aérienne en fonction de ces informations.»

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