Bon Jovi en concert au Brésil, en 2019. | Mauro Pimentel / AFP
Bon Jovi en concert au Brésil, en 2019. | Mauro Pimentel / AFP

Investir dans Bon Jovi peut rapporter gros

Des fonds comme Hipgnosis réalisent de beaux bénéfices grâce aux gros tubes historiques.

Entre les annulations de concerts, de festivals et de tournées, la crise frappe dûrement les artistes et songwriters. La vente des droits de propriété intellectuelle de leurs chansons, elle, est en revanche en plein boom.

«Pendant une récession, nous n'arrêtons pas d'écouter de la musique», note pour Bloomberg Paul Flood, un manager de fonds à Newton Investment Management. «On écoute peut-être un peu de Leonard Cohen ou quelque chose de plus déprimant lorsqu'on perd son travail, mais on continue quand même à écouter de la musique.»

L'un des meilleurs investissements de ce manager de fonds est Hipgnosis, dont l'action a vu son cours boursier bondir de 10% ces derniers mois. Ce fonds détient un large éventail de droits sur des chansons d'artistes –de Bon Jovi à Adèle en passant par Eurythmics.

«Il n'y a aucun doute que notre secteur, qui était déjà très massif, a grossi pendant la pandémie», explique également Merck Mercuriadis, qui a représenté des artistes tel·les que Elton John, Iron Maiden ou Beyoncé avant de créer Hipgnosis en 2018.

Fructification

«Beaucoup d'artistes ne vont pas pouvoir tourner pendant quelques années», poursuit-il. L'une de leurs options est donc de vendre les droits d'auteurs de leurs chansons et espérer en tirer suffisamment de redevances. Mercuriadis compte tirer parti de la tendance pour étendre son portfolio d'acquisitions, notamment grâce aux 261 millions d'euros qu'il a récemment levé.

Le secteur n'a toutefois pas toujours eu le vent en poupe. En 2015, il était même en chute libre: l'essor des sites de téléchargement illégal comme Napster ou BitTorrent avait divisé les revenus des droits d'auteurs musicaux par deux, comparé à 1999, d'après la Recording Industry Association of America.

Ce n'est que lorsque l'industrie a appris à faire fructifier les plateformes de streaming que la tendance s'est inversée. Bien que les chiffres ne soient pas aussi brillants qu'à la fin du siècle dernier, «au train où vont les choses nous devrions les atteindre de nouveau relativement vite», prédit Nari Matsuura, directrice de Massarsky Consulting.

Rien que l'année dernière, Providence Equity Partners et Warner Music ont lancé un fond d'investissement de 570 millions d'euros [486,139 euros], baptisé Tempo Music Investments.

Cette ruée vers leurs chansons ne satisfait cependant pas la plupart des artistes, qui voient d'un mauvais œil la perte de leur droits. Des Beatles à Taylor Swift en passant par Prince, nombreux de musicien·nes se sont battu·es pour obtenir un contrôle plus étroit de leurs créations.

David Bowie avait par exemple lui-même émis des obligations sur ses chansons en 1997... puis avait utilisé une grande partie de l'argent qu'elles lui avaient rapporté pour racheter son propre travail à un ancien manager.

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