Warren Buffett à Omaha, le 4 mai 2019, lors de son meeting annuel. | Johannes Eiseile / AFP

Warren Buffett à Omaha, le 4 mai 2019, lors de son meeting annuel. | Johannes Eiseile / AFP

La frilosité de Warren Buffett est de mauvais augure pour l'économie

La confiance de l'investisseur le plus riche du monde semble en berne tranchant avec son ordinaire optimisme.

C'est l'un des événements financiers les plus populaires chaque année: Warren Buffet, quatrième fortune mondiale, a tenu comme à l'accoutumée le 4 mai le meeting annuel de Berkshire Hathaway, son conglomérat et sa société d'investissement. Le tout devant une salle vide, coronavirus oblige.

Le coronavirus est justement la raison pour laquelle le meeting de cette année était particulièrement attendu. Alors que l'économie et les marchés financiers sont sens dessus dessous, les réactions de celui que l'on surnomme «l'oracle d'Omaha» ont été suivies par plus de 40.000 personnes en ligne.

Seulement, le «Woodstock pour capitalistes» édition 2020 était plutôt en berne. À rebours de son optimisme habituel, Buffett a annoncé qu'il avait vendu plus de 6 milliards de dollars [5 milliards et demi d'euros] d'actions qu'il détenait dans les compagnies aériennes américaines Delta, United, American et Southwest.

Le milliardaire a justifié ce choix en expliquant que ces compagnies allaient très probablement bientôt s'endetter lourdement, «autour de 10 à 12 milliards chacune».

«Soyez avide quand les autres ont peur»

Cette nouvelle pourrait être relativement banale puisque l'action de ces entreprises est à la baisse. Mais Buffett est justement connu pour aller contre le sens du marché, à tel point que sa devise en terme d'investissement se résume à: «Ayez peur quand les autres sont avides, soyez avide quand les autres ont peur.»

Une devise qu'il répétait au lendemain de la crise financière de 2008, en expliquant pourquoi, à contre-courant, il avait décidé d'investir massivement dans des entreprises américaines. Il justifiait ce choix en expliquant que «les entreprises vont en effet souffrir de mauvais résultats, mais ça a toujours été le cas. La plupart entreprises majeures réaliseront des profits records dans cinq, dix ou vingt ans».

En 2020, le milliardaire octogénaire a répété sa confiance dans la capacité de l'économie des États-Unis à se relever mais préfère cette fois ne pas investir. L'épidémie de Covid-19 a déjà provoqué de grosses pertes de revenus pour Berkshire Hathaway lors du premier trimestre 2020.

L'entreprise a donc cette fois décidé d'attendre et de consolider sa montagne de cash, qui atteint aujourd'hui les 137 milliards de dollars [126 milliards d'euros] en attendant que la situation soit moins incertaine.

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