Plus de décès n'entraîne pas nécessairement plus de profits. | John Moore / Getty Images North America / AFP
Plus de décès n'entraîne pas nécessairement plus de profits. | John Moore / Getty Images North America / AFP

Le Covid-19, une aubaine pour les pompes funèbres?

Détrompez-vous, c'est même tout à fait l'inverse.

1.741 salons funéraires, 482 cimetières et 16% du marché national: bienvenue chez l'empereur américain des pompes funèbres, SCI. L'an dernier, il a effectué 310.000 cérémonies d'obsèques, générant chacune un chiffre d'affaires moyen de 10.000 dollars [environ 9.200 euros].

Mais alors que le Covid-19 a provoqué plus de 56.000 décès aux États-Unis, l'entreprise ne tire pas profit de cette situation.

Chez SCI, une simple crémation coûte environ 3.000 dollars [2.800 euros]. Une cérémonie haut de gamme avec une belle sépulture peut atteindre 20.000 dollars [18.500 euros]. Les crémations gagnent du terrain depuis une trentaine d'années; en 2019, elles représentaient 56,8% des obsèques chez SCI.

La pandémie de Covid-19 a encore accentué la tendance: si personne ne peut assister aux funérailles, payer cher pour une belle cérémonie n'a guère de sens. «Beaucoup de gens choisissent [des services moins coûteux que prévu], explique le PDG Tom Ryan. Nous allons avoir des pressions sur les revenus.»

Baisse des revenus, hausse des charges

Autre conséquence de la pandémie: la diminution des ventes de conventions obsèques. Aux États-Unis, elles devraient décliner de 30% en un an, passant de 226 millions de dollars [209 millions d'euros] au deuxième trimestre 2019 à 158 millions de dollars [146 millions d'euros] sur l'actuel trimestre 2020.

Depuis le début de la pandémie, le cours en bourse de la société a d'ailleurs chuté de 25%, contre 16% en moyenne pour le reste du secteur funéraire.

SCI doit aussi faire face à des dépenses plus importantes. En janvier, elle a acquis une demi-douzaine de camions réfrigérés pour les endroits les plus touchés par le Covid-19. L'entreprise a par ailleurs dû acheter des équipements de protection pour ses équipes, notamment des masques.

Toutefois, certains signes sont encourageants pour le géant des pompes funèbres: il développe les cérémonies par livestream ou par transmission radio –pour que les proches puissent venir y assister en personne mais à distance, en restant dans leur voiture.

Pour l'instant, ces services sont gratuits, mais l'entreprise envisage de les rendre à terme payants, autour de 300 dollars [277 euros] pour un livestream, par exemple.

Elle espère aussi que les familles qui n'ont pu assister aux funérailles organiseront par la suite des cérémonies plus coûteuses pour leurs proches déjà inhumé·es.

Enfin, elle pourrait en profiter pour acquérir d'autres opérateurs de pompes funèbres durement touchés par la crise et accroître ainsi sa part de marché. La mort, un business (presque) comme les autres.

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