Un champs de gaz à Bassora, en Irak, le 21 avril 2020. | Hussein Faleh / AFP

Un champs de gaz à Bassora, en Irak, le 21 avril 2020. | Hussein Faleh / AFP

Le Covid-19 secoue l'industrie du gaz naturel

Le report des investissements à l'année prochaine pourrait mettre à mal les relations internationales.

Fin avril, le pétrole a traversé une grave crise, avec un prix du baril américain qui a dégringolé jusqu'à brièvement passer en négatif. Ce n'est pourtant pas le seul carburant à souffrir de l'épidémie de Covid-19. Le gaz naturel est, lui aussi, menacé.

Le New York Times rapporte que la crise actuelle met à mal cette industrie qui avait pourtant le vent en poupe depuis plusieurs années. Cela fait vingt ans que le gaz naturel gagne du terrain sur le charbon et l'électricité dans le domaine du chauffage. Mais l'épidémie, qui a mis en pause une bonne partie de l'économie mondiale, a fait chuter la demande.

Comme c'est le cas dans l'industrie des hydrocarbures, des quantités astronomiques de gaz naturel liquéfié (LNG) patientent dans les cales de tankers à travers le monde en attente de client·es, entraînant mécaniquement une baisse des prix. La nouvelle est particuièrement mauvaise pour les États-Unis qui avaient jusqu'ici l'avantage de bénéficier d'un gaz bon marché.

Cela dit, il ne faut pas s'y tromper, le surplus actuel n'est que temporaire. À moyen terme, c'est même un manque de production qui devrait frapper le secteur. D'après le New York Times, tous les investissements de 50 milliards ou plus prévus pour 2020 et 2021 devraient être reportés.

Il n'empêche que nombre de coûteuses constructions de champs de gaz ont et seront annulées ou repoussées. Australie, Qatar, États-Unis: partout dans le monde, la construction de sites de forage est devenu incertaine.

Incertitude à moyen terme

Tout cela engendrera vraisemblablement dans les années qui vont suivre une augmentation des prix qui n'était pas prévue et qui pourrait bénéficier aux autres sources d'énergie. Les énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien, dont les coûts de production sont en baisse presque constante, pourraient en être largement bénéficiaires. Moins bonne nouvelle pour l'environnement, le charbon pourrait aussi connaître un regain de popularité.

Charif Souki, le PDG de l'entreprise de LNG texane Tellurian, veut rester optimiste et minimise les conséquences: «Le coronavirus va retarder les décisions d'un an, mais ça ne va pas changer les paramètres fondamentaux.»

L'autre pays susceptible de pâtir de la crise est Israël, qui a récemment découvert de grandes quantités de gaz à proximité de ses côtes. L'État avait pour projet d'en exporter vers la Jordanie et la Palestine, ainsi que de passer par l'Égypte pour fournir l'Europe.

L'objectif est bien sûr économique, mais ce plan était l'occasion rêvée d'affermir ses liens et d'apaiser les relations avec ses voisins, de même qu'avec l'Europe. Ces perspectives sont désormais en suspens.

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