Un commerçant de la ville de Tiruppur, en Inde. | Arun Sankar / AFP
Un commerçant de la ville de Tiruppur, en Inde. | Arun Sankar / AFP

À en croire les ventes de slips, c'est la crise en Inde

Elles ont chuté de moitié et si l'on suit le raisonnement d'Alan Greenspan, c'est une mauvaise nouvelle.

C'est un indicateur curieux et non-académique, mais c'est un indicateur que l'économiste américain et ex-président de la Réserve fédérale Alan Greenspan utilisait pour détecter les crises.

Selon lui, comme le rapportait NPR en 2008, une récession ou un ralentissement économique peuvent se jauger à la baisse des ventes de sous-vêtements ou à celle de l'activité des entreprises de nettoyage à sec.

Faire nettoyer ses vêtements est, pour beaucoup, un luxe que l'on s'offre; ne plus le faire est donc le signe que les budgets sont à la baisse. L'achat des sous-vêtements est un acte peu coûteux et généralement utilitaire. Quand ils ne sont plus rachetés aussi régulièrement que d'habitude, c'est que les ménages ont dû arbitrer en défaveur de cet objet pourtant nécessaire. Et donc que l'économie va mal.

Quand les slips vont mal, tout va mal

Le New York Times est allé vérifier l'équation en Inde, dans la ville de Tiruppur, où ils sont produits en masse –l'industrie du textile emploie 45 millions d'Indien·nes.

À en juger par l'état du commerce des slips, le pays semble être entré dans une importante crise: au milieu de marchés désertés et de grossistes démoralisé·es, un commerçant local fait état d'une dégringolade de 50%.

Une chute symptomatique de l'état d'esprit du pays. Jusqu'à l'année dernière, avec une population estimée à 1,3 milliard, l'Inde figurait parmi les champions du monde de la croissance, dépassant régulièrement les 8% annuels.

Réélu en mai, Narendra Modi et son gouvernement tablent, pour cette année, sur 5% seulement. Le pays fait face à une crise de l'emploi sans précédent. La moitié de la population du pays dépendant de l'agriculture est à la peine.

La roupie a perdu près de 9% de sa valeur en un an, ce qui a renchéri nombre de produits que l'Inde importe. La fragilité bancaire a provoqué un resserrement du crédit qui pénalise un peu plus encore l'économie et les investissements.

L'industrie automobile est particulièrement marquée: les ventes de véhicules neufs ont baissé de 32% an août et le secteur menace de devoir licencier un million de personnes si la tendance se poursuit.

Comme le note le New York Times, même les paquets de biscuits bon marché Parle, qui accompagnent le thé au lait matinal dans des millions de foyers, souffrent malgré leur prix.

Le gouvernement Modi, longtemps critiqué pour son inaction, a fini par prendre des mesures en faveur de l'investissement, et a poussé la Banque centrale à lui verser 22 milliards d'euros pour tenter de stimuler l'économie.

Mais les spécialistes doutent de l'efficacité de sa politique et préviennent: l'exemple indien, qui fait écho au ralentissement chinois, pourrait être suivi par de nombreux autres pays en voie de développement.

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