Dans la bataille patriotique des cryptos, la Chine et Mark Zuckerberg jouent chacun leur carte. | Hanson Lu via Unsplash
Dans la bataille patriotique des cryptos, la Chine et Mark Zuckerberg jouent chacun leur carte. | Hanson Lu via Unsplash

La Chine aussi a peur de Libra

La cryptomonnaie voulue par Mark Zuckerberg soulève de réelles questions géopolitiques.

Mais qui a peur de Libra? À peu près tout le monde. Tandis que Mark Zuckerberg se faisait interroger par le Congrès américain sur son projet de cryptomonnaie le 23 octobre, l'un des plus gros géants de la technologie chinoise livrait un rapport inquiet sur l'influence que pourrait avoir Libra sur l'économie du pays communiste.

Selon le site spécialisé dans les cryptomonnaies CoinDesk, Tencent, l'entreprise derrière WeChat mais aussi certains des jeux vidéo les plus vendus au monde, s'inquiète du pouvoir que risquerait d'acquérir Libra en Chine.

«Chaque entreprise de l'internet dotée d'un système de paiement digital relativement mature, comme c'est le cas de WeChat et Alipay, serait menacée par ce stable coin [une cryptomonnaie liée aux actifs d'une entreprise, au cours d'une monnaie nationale ou à une matière première, ndlr] si elle venait à être lancée», note le rapport, en faisant référence à Libra.

Grande crypto-muraille

Le document et la crainte exprimée par Tencent arrivent à point nommé, pourrait-on dire. Il semble en effet que la Chine ait accéléré ses plans de lancement de sa propre cryptomonnaie, en réaction à l'arrivée de Libra.

Développée officiellement depuis 2014 par la Banque populaire de Chine (BPC), appuyée par de nombreux partenaires, dont Tencent, la devise a pour but de «protéger la souveraineté monétaire de la Chine», explique Mu Changchun, directeur du bureau de recherche de la BPC.

Le nouveau rapport de Tencent a été publié dans la foulée du passage de Mark Zuckerberg devant le Congrès. Face au scepticisme grandissant des sénateurs américains, le PDG de Facebook les a exhorté à envisager sa cryptomonnaie comme un levier du pouvoir des États-Unis dans le monde –en opposition à la puissance financière chinoise.

C'était même l'un de ses principaux arguments en faveur du développement de son projet, puisque le panier d'actifs de Libra devrait être composé à 50% de dollars américains.

La cryptomonnaie chinoise «avance rapidement», a affirmé Mark Zuckerberg, soulignant que Pékin caressait même l'ambition «d'exporter» sa monnaie numérique à l'étranger. Un appel au patriotisme qui semble ne pas avoir fait mouche.

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